puis il me frappait.
Il dit : « Mais, le temps qu’il eût formulé et parachevé son intention, j’avais déjà pris la fuite. » Il décéda au mois de Rajab de cette même année et fut inhumé près de la tombe d’Ibn Surayj (1).
Muhammad ibn Aḥmad ibn ʿAbd al-Bāqī ibn Manṣūr (2), Abū Bakr ad-Daqqāq, surnommé Ibn al-Khāḍiba (3).
Il était connu pour l’utilité de son enseignement, l’excellence de sa récitation, la finesse de son écriture et la sûreté de sa transmission. Il avait réuni la science du Coran et celle du ḥadith, et transmit en abondance d’Abū Bakr al-Khaṭīb et des disciples d’al-Mukhliṣ.
Il raconta : « Lorsque Bagdad fut inondée, ma maison et mes livres furent engloutis ; il ne me resta plus rien. J’eus alors besoin de subsister par la copie, si bien que je transcrivis le Ṣaḥīḥ de Muslim cette année-là à sept reprises. Une nuit, je m’endormis et me vis comme si le Jour de la Résurrection avait eu lieu. Une voix s’écria : “Où est Ibn al-Khāḍiba ?” Je me présentai et l’on me fit entrer au Paradis. Dès mon entrée, je m’allongeai sur le dos, croisai une jambe sur l’autre et déclarai : “Me voilà délivré de la copie !” Puis je me réveillai ; la plume était encore dans ma main et le manuscrit devant moi. » Qu’Allah — Très-Haut — lui fasse miséricorde.
Abū al-Muẓaffar as-Samʿānī (4) — Manṣūr ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Jabbār ibn Aḥmad ibn Muḥammad, le ḥāfiẓ originaire de Marw.
Il étudia d’abord le fiqh auprès de son père selon l’école d’Abū Ḥanīfa, puis se rattacha à l’école d’ash-Shāfiʿī. Il reçut l’enseignement du shaykh Abū Isḥāq ash-Shīrāzī et d’Ibn aṣ-Ṣabbāgh, [et possédait une maîtrise remarquable dans de nombreux domaines] (5). Il composa un « Tafsīr », le livre « Al-Intiṣār fī l-ḥadīth », « Al-Burhān », « Al-Qawāṭiʿ fī uṣūl al-fiqh », « Al-Iṣṭilām » (6) et d’autres ouvrages encore. Il prêcha dans la ville de Nīsābūr.
Il disait : « Jamais je n’ai mémorisé une chose pour ensuite l’oublier. »
On l’interrogea au sujet des narrations portant sur les Attributs divins ; il répondit : « Tenez-vous-en à la religion des vieilles femmes [et des enfants des kouttābs]. »
On l’interrogea sur l’istiwaʾ ; il déclama alors :
Vous venez quérir le secret de Saʿdā, discret et caché,
Mais vous verrez mon cœur avare : nul secret ne sera lâché ;
Car Saʿdā est l’ardent souhait de chaque âme qui veut être heureux,
Elle réunit la chasteté à l’éclat radieux d’un visage gracieux.
Il mourut – qu'Allah lui fasse miséricorde – au cours de cette année et fut enterré dans le cimetière de Bāb Ḥarb.