Parmi les notables décédés au cours de cette même année, l’on compte :
ʿAbd Allāh ibn Ibrāhīm ibn ʿAbd Allāh (1), Abū Ḥakīm al-Khabrī (2) — Khabr étant l’une des contrées du Fārs. Il avait reçu l’enseignement du ḥadith et s’était formé en jurisprudence auprès du shaykh Abū Isḥāq ash-Shīrāzī. Il possédait une expertise dans les lois successorales, ainsi qu’une solide connaissance de la littérature et de la langue arabes. Auteur de plusieurs ouvrages, il était loué pour la rectitude de sa voie et gagnait sa vie en copiant des exemplaires du Coran. Un jour qu’il écrivait, il posa la plume, s’adossa et dit : « Par Allah, si ceci est la mort, elle est certes douce ! », puis il s’éteignit — qu’Allah lui fasse miséricorde.
ʿAbd al-Muḥsin ibn ʿAlī ibn Aḥmad ash-Shīḥī, le marchand (3), surnommé Ibn Shuhdānka (4). Originaire de Bagdad, il entendit de nombreux ḥadiths, voyagea abondamment et transmit en grande quantité d’al-Khaṭīb lorsqu’il se trouvait à Ṣūr. C’est lui qui le conduisit ensuite en ʿIrāq ; en reconnaissance, al-Khaṭīb lui offrit de sa propre main un exemplaire de son « Tārīkh Baghdād ». Al-Khaṭīb rapporta également de lui dans ses compilations, l’appelant ʿAbd Allāh. Il était digne de confiance.
ʿAbd al-Malik ibn Ibrāhīm ibn Aḥmad (5), Abū l-Faḍl al-Hamadhānī. Formé au fiqh auprès d’al-Māwardī, il excellait dans les sciences religieuses, le calcul et bien d’autres disciplines. Il connaissait par cœur le « Gharīb al-Ḥadith » d’Abū ʿUbayd et le « Mujmal » d’Ibn Fāris. Chaste et ascète, le calife al-Muqtadī voulut le nommer Qāḍī al-Quḍāt, mais il déclina fermement, invoquant son incapacité et son âge avancé. Esprit fin et agréable, il rapporta (6) : « Lorsque mon père voulait me corriger, il prenait le bâton, puis disait : “J’ai l’intention de frapper mon fils à titre d’éducation, comme Allah l’a ordonné”, puis… »