au milieu du mois de Jumâdâ al-Ûlâ de la même année, à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Il fut inhumé, avec l’autorisation du calife, dans sa demeure située à Bâb al-Marâtib, et son fils Abû al-Faḍl dirigea la prière funéraire sur lui.
Abû Yûsuf al-Qazwînî (1)
ʿAbd as-Salâm ibn Muḥammad ibn Yûsuf ibn Bundâr, maître des Muʿtazilites.
Il étudia auprès de ʿAbd al-Jabbâr ibn Aḥmad al-Hamadhânî, puis se rendit en Égypte où il demeura quarante années, y rassembla une vaste bibliothèque et composa un Tafsîr en sept-cents volumes. Ibn al-Jawzî (2) déclara : « Il y réunit des choses étonnantes ; il consacra un volume entier au verset : ﴿وَاتَّبَعُوا مَا تَتْلُو ٱلشَّيَٰطِينُ عَلَىٰ مُلْكِ سُلَيْمَٰنَ﴾ – “Et ils suivirent ce que les démons colportaient sous le règne de Sulaymân” (al-Baqarah, 102). » Ibn ʿAqîl dit encore : « Il avait tour à tour une langue affûtée pour la science et pour la poésie. Il entendit le ḥadîth d’Abû ʿUmar ibn Mahdî et d’autres. Il mourut à Bagdad à l’âge de quatre-vingt-seize ans, et ne se maria qu’à la fin de sa vie. »
Abû Shujâʿ le Vizir (3)
Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn ʿAbd Allâh ibn Ibrâhîm, Abû Shujâʿ, surnommé Ẓahîr ad-Dîn, [originaire de Rûḏrâwar (4), né à Ahwâz].
Il compta parmi les meilleurs vizirs : généreux en aumônes, bienfaisant envers les savants et les fuqahâʾ. Il reçut le ḥadîth de Shaykh Abû Isḥâq ash-Shîrâzî et d’autres, et rédigea plusieurs ouvrages, dont son appendice au « Tajârib al-Umam ». Il exerça la vizirat pour le calife al-Muqtadî bi-Amr Allâh.
Il possédait six-cent-mille dinars qu’il dépensa dans les bonnes œuvres et les aumônes ; il constitua de pieux waqfs, érigea des mausolées et multiplia ses largesses envers veuves et orphelins.
Un jour, un homme lui dit : « Près de chez nous vit une femme avec quatre orphelins, nus et affamés. » Il dépêcha aussitôt l’un de ses proches avec de l’argent, des vêtements et de la nourriture ; lui-même ôta ses habits malgré le froid intense en disant : « Par Allâh, je ne les remettrai pas avant que tu ne reviennes avec de leurs nouvelles. » L’homme partit en hâte, s’acquitta de la mission, apporta l’aide aux enfants puis revint – le vizir grelottant – [et l’informa de la joie des orphelins et de leurs invocations en faveur du vizir]. Quand il lui rapporta cette heureuse nouvelle, il remit ses vêtements.
On lui présenta un jour des qatayif au sucre ; à peine posés devant lui, la pensée de ceux qui n’y avaient pas accès lui gâcha le plaisir. Il ordonna qu’on les envoyât tous – ils étaient fort nombreux – dans les mosquées, pour qu’ils fussent distribués aux pauvres et aux aveugles, et l’on procéda ainsi à leur répartition.