Lorsqu’il arriva à Damas pour secourir le gouverneur venu d’Égypte, Atsiz sortit à sa rencontre ; il ordonna alors qu’on l’arrêtât et qu’on le mît à mort, puis s’empara de Damas et de ses dépendances en l’an soixante et onze [471 H]. Par la suite, il livra bataille à son frère Barkiyârûq dans le pays de Rayy ; son frère le vainquit et lui fut tué au combat. Son fils Riḍwân prit alors possession d’Alep — d’où les Banû Riḍwân tirent leur nom — et y régna jusqu’en cinq cent sept (1). Sa mère l’empoisonna en dissimulant le poison dans une grappe de raisin.
Après lui, le pouvoir revint au mamelouk de son père, devenu l’époux de sa mère, jusqu’en l’an cinq cent vingt-deux. Lui succéda son fils Tâj al-Mulûk Bûrî, qui régna quatre ans ; puis son autre fils, Shams al-Mulûk Ismâʿîl, gouverna trois années avant d’être tué, lui aussi, par sa mère, Zumurrud Khâtûn, fille de Jâwilî (2). Celle-ci plaça ensuite sur le trône son frère Shihâb ad-Dîn Maḥmûd ibn Bûrî, qui régna quatre ans ; vint ensuite leur autre frère [Muḥammad ibn Bûrî ibn Ṭughtikîn (3)], pour une année. Puis Mujîr ad-Dîn (4) ibn Abaq (5) régna de l’an cinq cent trente-quatre jusqu’à ce que Nûr ad-Dîn Maḥmûd ibn Zankî lui arrachât le royaume — comme on le verra. L’atâbak de l’armée à Damas, du temps d’Abaq (6), était Muʿîn ad-Dîn (7), auquel sont attribués les waqfs « al-Muʿîniyya » du Ghûr et la madrasa al-Muʿîniyya de Damas.
Rizqu-Allâh ibn ʿAbd al-Wahhâb ibn ʿAbd al-ʿAzîz (8), Abû Muḥammad al-Tamîmî,
figure parmi les éminents imâms des récitants du Coran et des jurisconsultes, suivant le madhhab d’Aḥmad et des maîtres du ḥadîth. Il tenait une chaire de prédication et un cercle de fatwa dans la mosquée al-Manṣûr, puis dans la mosquée al-Qaṣr. Doué d’une belle prestance et aimé du commun, il composait de gracieux poèmes (9), multipliait les actes d’adoration, maniait une langue éloquente et excellait dans la controverse. Il transmit de ses ancêtres un ḥadîth à chaîne continue remontant à ʿAlî ibn Abî Ṭâlib — qu’Allah honore son visage — où celui-ci déclare :
« La science appelle l’action ; si l’action répond, elle demeure, sinon elle s’en va. »
Jouissant d’un grand crédit auprès du calife, celui-ci l’envoyait accomplir des missions diplomatiques auprès du sultan. Il décéda un mardi