Les propos des savants à son sujet :
Ce qui atteste de la position scientifique éminente qu’Ibn Kathîr a atteinte grâce à son sérieux et à sa persévérance, ce sont les témoignages de ses maîtres, de ses élèves et de ses contemporains, parmi lesquels :
• Al-Dhahabî – l’un de ses professeurs, comme mentionné précédemment – déclare dans « Tadhkirat al-Ḥuffâẓ » (4/508) : « J’ai écouté des enseignements en compagnie du juriste, mufti, spécialiste du ḥadith et homme de multiples vertus, ʿImâd al-Dîn Ismâʿîl ibn ʿUmar ibn Kathîr al-Baṣrawî ash-Shâfiʿî, né après l’an 700 ou aux alentours, qui a écouté (des cours) de Ibn ash-Shiḥna, Ibn az-Zarrâd et d’autres. Il s’intéressait aux biographies des rapporteurs, aux textes et au fiqh. Il a collecté, composé, classé et interprété, et il a excellé. » Dans « Al-Muʿjam al-Mukhtaṣ », un répertoire consacré spécifiquement aux étudiants, il ajoute : « L’imam, juriste, spécialiste unique et éminent du ḥadith, ʿImâd al-Dîn… Il maîtrise le fiqh, comprend la langue arabe et l’uṣûl, et mémorise un nombre conséquent de textes, de tafsîr et de biographies de rapporteurs ainsi que leurs états. Il a écouté mes enseignements et possède une solide mémoire et une grande compréhension (1). »
• Son contemporain al-Ḥusaynî affirme dans le supplément à « Tadhkirat al-Ḥuffâẓ » (p. 58) : « Le shaykh, l’imam, le savant, le ḥâfiẓ avisé et accompli… Il a émis des fatwas, enseigné, débattu, et il s’est illustré dans le fiqh, l’exégèse (tafṣîr) et la grammaire (naḥw), approfondissant particulièrement l’étude des transmetteurs et des causes cachées (al-ʿilal). »
• Son élève Ibn Ḥajî rapporte, selon « Al-Dâris » de an-Nuʿaymî (1/36) et « Ṭabaqât al-Mufassirîn » de ad-Dâwudî (1/111) : « Parmi tous ceux que nous avons connus, il était celui qui mémorisait le mieux les textes de ḥadith et connaissait le plus les voies de leur transmission, leurs narrateurs, leur authenticité ou leur faiblesse. Ses contemporains et ses maîtres le reconnaissaient. Il possédait de solides connaissances en fiqh et en histoire, et il oubliait rarement. C’était un juriste à la compréhension pénétrante et à l’esprit sain, qui a conservé par cœur le Tanbîh jusque tardivement. Il excellait également en langue arabe et composait de la poésie. Je ne me souviens pas, malgré mes nombreuses visites, m’être jamais réuni avec lui sans en retirer un bénéfice. »
• Un autre de ses élèves, le grand érudit Taqî ad-Dîn al-Maqrîzî, dit de lui : « Le ḥâfiẓ, le juriste, l’érudit, notre maître aux multiples disciplines… Il s’est illustré dans diverses sciences en côtoyant Shaykh al-Islâm Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya et a composé des ouvrages précieux. Il était un mémorisateur accompli, consciencieux, d’excellente moralité, d’agréable compagnie, humble et doué d’une grande capacité d’évocation. Il n’a pas laissé d’égal après lui (2). »
• Ibn Ḥajar al-ʿAsqalânî déclare enfin dans « Ad-Durar al-Kâmina » (1/400) : « Il possédait une grande capacité de rappel… »