Cette année-là :
– Aḥmad ibn Khāqān, seigneur de Samarcande, fut mis à mort : on l’avait en effet accusé de zindîqah, si bien qu’on l’étrangla, et son cousin Masʿūd fut installé à sa place.
– Les Turcs pénétrèrent en Ifrîqiyah, trahirent Yaḥyâ ibn Tamîm ibn al-Muʿizz ibn Bâdis, se saisirent de sa personne, occupèrent son territoire et massacrèrent nombre de gens, après de violents affrontements entre eux et lui. Leur chef se nommait Shâh Malik (1), issu de la descendance de quelque émir d’Orient ; il était d’abord venu en Égypte, y avait servi, puis s’était enfui vers le Maghreb, accompagné d’un groupe de partisans, et accomplit ce qui vient d’être relaté.
– Nul parmi les habitants d’Irak n’accomplit le ḥajj cette année-là.
Parmi les notables décédés au cours de cette année :
Aḥmad ibn al-Ḥasan ibn Aḥmad ibn Khayrûn (2), Abû l-Faḍl, connu sous le nom d’Ibn al-Bâqillânî. Il avait abondamment entendu des ḥadiths, et al-Khaṭîb a écrit sur lui ; il possédait une solide science et jouissait de la confiance (thiqah). Il témoigna devant Abû ʿAbd Allâh ad-Dâmaghânî, devint ensuite son dépositaire, puis fut nommé après lui à la supervision de la trésorerie des revenus. Il mourut en Rajab, âgé de quatre-vingt-deux ans.
Tutush Abû l-Muẓaffar (3), Tâj ad-Dawlah ibn Alp Arslân ibn Dâwud ibn Mîkâl ibn Saljûq, seigneur de Damas et d’autres provinces. Il avait épousé la veuve de ʿAlî, fils de son frère Barkiyârûq ibn Malikshâh ibn Alp Arslân ; mais le décret d’Allah s’accomplit, et Il fait ce qu’Il veut.
Al-Mutanabbî a dit :
« Il est pour Allah un secret dans la hauteur où Il t’a placé ;
Les paroles des ennemis ne sont que délire. »
Ibn Khallikân rapporte : « Il était le maître des provinces [orientales] ; Atsiz (4) fit appel à lui pour combattre l’Amîr al-Juyûsh (5)… »