à son frère, qu’il gratifia du surnom de « al-Mustaʿlī ». Nizâr s’enfuit alors à Alexandrie, où il rallia les gens à sa cause et ils lui prêtèrent serment d’allégeance. Jalâl ad-Dîn ibn ʿAmmâr prit la direction des opérations ; al-Afdal marcha contre lui, [l’assiégea] et, alors que Nizâr l’affrontait, al-Afdal les mit en déroute. Il captura le qâḍî ainsi que Nizâr, fit exécuter le qâḍî et enferma Nizâr [entre deux murs] jusqu’à ce qu’il mourût. Al-Mustaʿlī demeura ainsi fermement établi dans le califat, âgé de vingt-et-un ans.
Muḥammad b. Abî Hâshim, émir de La Mecque (1). – Il mourut cette année, âgé de plus de quatre-vingt-dix ans.
Maḥmûd, fils du sultan Malikshâh (2). [Sa mère lui avait assuré la royauté et dépensé pour lui d’immenses richesses] (3). Son frère Barkiyârûq le contesta, le vainquit et le brisa ; il se retira dans la ville d’Iṣfahân, où il mourut cette année. Sa dépouille fut transportée à Bagdad et inhumée dans le mausolée niẓâmien. Il comptait parmi les hommes les plus beaux et les plus raffinés d’apparence ; il décéda au mois de Shawwâl de la même année.
Sa mère, la khâtûn Turkân Shâh, mourut également en Ramaḍân de cette année [et tout son dispositif s’effondra : elle avait réuni pour lui les armées, lui avait confié les rênes du royaume, possédait dix mille mamlûks turcs et dépensé près de trois millions de dinars ; le système se désagrégea et elle ne retira aucun profit de tout cela ; et Dieu – glorifié et exalté soit-Il – est plus savant] (4).
Puis vint l’an quatre-cent quatre-vingt-huit de l’Hégire.
Durant celle-ci : Yûsuf b. Abq (5) le Turkmène arriva de la part de Tâj ad-Dawla Abû Saʿîd Tutush b. Alp Arslân, seigneur de Damas, afin d’établir pour lui la daʿwa à Bagdad. Tutush s’était mis en marche pour combattre son neveu dans la région de Rayy. Lorsque son envoyé entra à Bagdad, on le craignit et l’on eut peur de lui ; le calife le fit venir, l’honora, et il baisa le sol devant lui. Les habitants de Bagdad se préparèrent à son arrivée, redoutant qu’il ne les pillât. Alors qu’il se trouvait dans cette situation, survint l’émissaire [du] neveu qui l’informa que Tutush [avait été parmi les premiers tués dans l’affrontement ; sa mort survint le dix-sept Ṣafar de cette année] (6). L’autorité de Barkiyârûq s’en trouva dès lors renforcée et il demeura désormais maître de la situation.