Il fut d’abord l’un des plus proches compagnons du sultan Malikshāh b. Alp Arslân al-Saljûqî ; puis son rang s’éleva auprès de lui, si bien qu’il reçut, sur la recommandation du vizir Niẓâm al-Mulk, la ville d’Alep et ses dépendances. Il comptait parmi les princes à la conduite la plus irréprochable et à l’âme la plus pure ; la population jouissait, sous son autorité, de la sécurité, de la modicité des prix et de la justice. Sa mort survint cependant des mains du sultan Tâj ad-Dawla Tûtush, seigneur de Damas, de la manière suivante :
Tûtush sollicita son aide, ainsi que celle des gouverneurs de Ḥarrân et d’Édesse, pour combattre son neveu Barkyâruq b. Malikshâh. Les deux derniers l’abandonnèrent et prirent la fuite, de sorte qu’il dut se réfugier à Damas. Lorsqu’il eut recouvré sa puissance, il se porta contre eux à la porte d’Alep, les tua tous deux et s’empara de leurs territoires, à l’exception d’Alep qui demeura ensuite entre les mains du fils d’Āqsunqur, Zankî. Cela se produisit en l’an 523 H, comme il sera expliqué plus loin.
Ibn Khallikân rapporte qu’Āqsunqur et Buzân (1), seigneur d’Édesse, étaient tous deux mamlûks du sultan Malikshâh. Quand Tûtush se rendit maître d’Alep, il le nomma son lieutenant, mais Āqsunqur se révolta contre lui. Tûtush – qui avait déjà conquis Damas – marcha alors sur lui, l’affronta et le tua cette année-là, au mois de Jumâdâ al-Ūlâ (2). Après son décès, son fils ʿImâd ad-Dîn Zankî le fit enterrer à Alep ; il introduisit sa dépouille par-dessus la muraille jusqu’à la madrasa az-Zujâjiyya.
Badr al-Jamâlî (3), commandeur des armées d’Égypte et administrateur des provinces fâṭimides, était un homme intelligent, généreux et porté vers les savants, auxquels il versait des pensions régulières. Sous le règne du calife al-Mustaṇṣir, il s’imposa d’une manière considérable ; les rênes du pouvoir étaient aux mains de ses avis, il conquit de nombreux territoires, sa vie se prolongea et sa renommée s’étendit largement. Les poètes le célébrèrent. Il mourut ensuite [au mois de Dhû l-Qaʿda de cette même année], et son fils al-Afdal prit la direction des affaires après lui.
Le calife al-Muqtadî bi-Amri Allâh (4), ʿAbd Allâh, fils de l’héritier présomptif Dhakhîrat ad-Dîn Abû l-ʿAbbâs Aḥmad, fils du commandeur des croyants, le calife al-Qâʾim bi-Amri Allâh b. al-Qâdir – nous avons déjà mentionné un aperçu de sa biographie lors du décès du calife (5).
Le calife fâṭimide al-Mustaṇṣir (6) – Maʿadd Abû Tamîm b. Abî l-Ḥasan ʿAlî b. al-Ḥâkim – régna soixante ans ; nulle pareille longévité ne fut accordée à un calife avant lui ni après lui. Il avait désigné [pour la succession] son fils Nizâr ; mais al-Afdal b. Badr al-Jamâlî le déposa, après la mort de son père, [et ordonna aux gens] de prêter serment d’allégeance à Abû l-Qâsim Aḥmad b. al-Mustaṇṣir.