Abû Naṣr b. Mâkûlâ (1) ʿAlî b. Hibat Allâh b. ʿAlî (2) b. Jaʿfar b. ʿAlî (3) b. Muḥammad b. Dulaf b. Abî Dulaf, l’émir. Il naquit en 402 H. et entendit un grand nombre de traditions; il fut l’un des maîtres-mémorisateurs. Il composa l’ouvrage « Al-Ikmâl fî l-muʾtalif wa-l-mukhtalif » (4) dans lequel il rassembla le livre de ʿAbd al-Ghanî b. Saʿîd, celui d’al-Dâraqutnî et d’autres encore, y ajoutant quantité de points importants, utiles et de grande valeur. Il excellait en grammaire, avait une expression éloquente et composait de beaux vers. Ibn al-Jawzî (5) rapporte : « J’ai entendu notre shaykh ʿAbd al-Wahhâb critiquer sa religion et dire : “La science a besoin de piété.” » (6)
Il fut tué au Khûzistân cette année-là [ou la suivante], après avoir dépassé quatre-vingts ans, ainsi qu’en fait mention Ibn al-Jawzî.
[Puis vint l’année 487 H.]
Au cours de celle-ci, le calife al-Muqtadî décéda et la succession revint à son fils al-Mustazhir billâh.
[Description de sa mort : Lorsque le sultan Barkyâruq arriva à Bagdad, il demanda au calife qu’on lui rédige un acte de souveraineté lui en conférant l’autorité. Cet acte fut rédigé; les robes d’investiture préparées et présentées au calife. C’était le vendredi 14 muḥarram. On lui servit ensuite le repas, qu’il prit comme à l’accoutumée, étant en parfaite santé. Il se lava ensuite les mains, s’assit et se mit à examiner l’acte après l’avoir signé. Se trouvait près de lui sa qahramâna, nommée Shams an-Nahâr, qui déclara :
« Il me regarda et dit : “Qui sont ces personnes qui sont entrées auprès de nous sans permission ?” »
Elle poursuivit : « Je me retournai, mais ne vis personne. Je le vis alors changer de couleur ; ses mains et ses jambes se relâchèrent, ses forces se dissipèrent et il tomba à terre. »
Elle dit : « Je supposai qu’il s’était évanoui, aussi défis-je…»