Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Alors il (l’oiseau huppe) dit à Salomon : « J’ai appris ce que tu n’as pas appris » c’est-à-dire : je me suis informé de ce dont tu n’étais pas informé, « et je suis venu à toi de Saba’ avec une nouvelle certaine », c’est-à-dire une information véridique : « J’ai trouvé qu’une femme règne sur eux ; elle dispose de toutes sortes de biens et possède un immense trône. » Il évoque ici la grandeur du royaume de Saba’, situé au Yémen, dont les souverains étaient de puissants monarques couronnés. À cette époque, la royauté était revenue à une femme, la fille de leur roi, qui ne laissa pas d’autre héritier ; ils la proclamèrent donc reine.

Al-Thaʿlabī et d’autres rapportent que, après la mort de son père, son peuple intronisa un homme, mais son règne se caractérisa par la corruption. Elle lui envoya alors une proposition de mariage, puis l’épousa. Quand il entra auprès d’elle, elle l’enivra de vin, lui trancha la tête et l’exposa à sa porte. Les gens se tournèrent alors vers elle et la désignèrent souveraine. C’était Bilqīs, fille d’as-Sayriḥ (appelé aussi al-Hadhād). On raconte également qu’elle était la fille de Sharāhīl ibn Dhī Jadan ibn as-Sayriḥ ibn al-Hārith ibn Qays ibn Ṣayfī ibn Saba’ ibn Yashjub ibn Yaʿrub ibn Qaḥṭān. Son père, l’un des plus grands rois, refusait de se marier avec une habitante du Yémen ; on dit donc qu’il épousa une femme issue des jinn nommée Rayḥāna bint as-Sakn, qui lui donna cette fille, appelée Talqama, et surnommée Bilqīs.

Al-Thaʿlabī (1) rapporte, selon la chaîne de transmission de Saʿīd ibn Bishr, d’après Qatāda, d’après an-Naḍr ibn Anas, d’après Bashīr ibn Nahīk, d’après Abū Hurayra, que le Prophète (ﷺ) aurait dit : « L’un des deux parents de Bilqīs était issu des jinn » (2). Il s’agit d’un ḥadīth étrange (gharīb) dont la chaîne de transmission est considérée faible.

Al-Thaʿlabī a également dit : Abū ʿAbd Allāh ibn Fanjawayh (3) nous a informés, Abū Bakr ibn Jurja nous a rapporté, Ibn Abī l-Layth nous a rapporté, Abū Kurayb nous a rapporté, Abū Muʿāwiya nous a rapporté, d’après Ismāʿīl ibn Muslim, d’après al-Ḥasan, d’après Abū Bakra, que Bilqīs fut évoquée devant le Messager de Dieu (ﷺ). Il dit alors : « Un peuple ne réussira jamais s’il confie ses affaires à une femme. » Ismāʿīl ibn Muslim al-Makkī était un transmetteur jugé faible (4).

Par ailleurs, il est établi dans le Ṣaḥīḥ de al-Bukhārī (5), d’après ʿAwf, d’après al-Ḥasan, d’après Abū Bakra, que lorsque le Prophète (ﷺ) apprit que les Perses avaient intronisé la fille de Kisrā, il dit : « Un peuple qui confie son gouvernement à une femme ne réussira jamais. »

(1) Il s'agit d'Abū Isḥāq Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ibrāhīm al-Nīsābūrī. Il est décédé en 427 de l'Hégire. Son tafsīr est intitulé al-Kashf wa-l-Bayān fī Tafsīr al-Qur’ān. Al-Zarkalī le décrit comme manuscrit. Sa biographie se trouve dans Shadhārāt al-Dhahab (tome 5, p. 127), édité par Maḥmūd al-Arnā’ūṭ - édition Dār Ibn Kathīr, et dans al-A‘lām (tome 1, p. 212). (2) Il est cité par al-Qurṭubī dans son tafsīr (tome 13, p. 211). (3) Dans l'édition : Qabḥawiyya, il s'agit d'une faute de transcription. Il s'agit en réalité d'al-Ḥusayn ibn Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn ʿAbdullāh ibn Ṣāliḥ ibn Shuʿayb ibn Fanǧawiya al-Thaqafī al-Daynūrī. Il est décédé en 414 de l'Hégire. Sa biographie figure dans Siyar A‘lam al-Nubalā’ (tome 17, p. 383). (4) Mentionné dans al-Majrūḥīn d’Ibn Ḥibbān (tome 1, p. 120), al-Ḍuʿafā’ d’al-Bukhārī (n°17) et d’al-Nasā’ī (n°17). (5) Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, n°4425 dans al-Maghāzī, chapitre « Le Livre du Prophète ﷺ à Kisrā et Qaysar », et n°7099 dans al-Fitan, chapitre 18. Il y est dit : « Il ne réussira pas ».
﴿فَقَالَ﴾ لسليمان ﴿أَحَطْتُ بِمَا لَمْ تُحِطْ بِهِ﴾ أي: اطلعت على ما لم تطلع عليه ﴿وَجِئْتُكَ مِنْ سَبَإٍ بِنَبَإٍ يَقِينٍ﴾ أي: بخبر صادق: ﴿إِنِّي وَجَدْتُ امْرَأَةً تَمْلِكُهُمْ وَأُوتِيَتْ مِنْ كُلِّ شَيْءٍ وَلَهَا عَرْشٌ عَظِيمٌ﴾. يذكر ما كان عليه ملوك سبأ في بلاد اليمن من المملكة العظيمة والتبابعة المتوّجِين، وكان المُلْك قدآل في ذلك الزمان إلى امرأة منهم ابنة ملكهم لم يُخلَّف غيرها فملّكوها عليهم. وذكر الثعلبي وغيره أن قومها ملَّكوا عليهم بعد أبيها رجُلاً، فعمَّ به الفساد، فأرسلت إليه تخطُبه، فتزؤجها، فلما دخلت عليه سقته خمراً ثم حزَّت رأسه ونصبته على بابها، فأقبل الناس عليها وملَّكوها عليهم، وهي بلقيس بنت السيرح وهو الهدهاد، وقيل: شراحيل بن ذي جَدَن بن السيرح بن الحارث بن قيس بن صيفي بن سبأ بن يَشْجب بن يعرب بن قحطان. وكان أبوها من أكابر الملوك وكان يأبى أن يتزوج من أهل اليمن، فيقال إنه تزوج بامرأة من الجنّ اسمها ريحانة بنت السكن، فولدت له هذه المرأة واسمها تلقمة ويقال لها: بلقيس. وقد روى الثَّعْلَبى (١) من طريق سعيد بن بشير، عن قتادة، عن النضر بن أنس، عن بشير بن نهيك، عن أبي هريرة عن النبي ﷺ أنه قال: "كانَ أَحَدُ أبَوي بَلْقيس جِنيًّا" (٢) . وهذا حديث غريب، وفي سنده ضعف. وقال الثعلبي: أخبرني أبو عبد الله بن فنجويه (٣) ، حدّثنا أبو بكر بن جرجة، حدّثنا ابن أبي الليث، حدّثنا أبو كريب، حدّثنا أبو معاوية، عن إسماعيل بن مسلم، عن الحسن، عن أبي بكرة قال: ذكرت بلقيس عند رسول الله ﷺ فقال: "لا يُفْلِحُ قَوْمٌ ولَّوا أَمْرَهُم امْرأَةً" . إسماعيل بن مسلم هذا هو المكي: ضعيف (٤) . وقد ثبت في "صحيح" (٥) البخاري من حديث عوف، عن الحسن، عن أبي بكرة أن رسول الله ﷺ لما بلغه أن أهل فارس ملّكوا عليهم ابنة كسرى قال: "لَنْ يُفْلِحَ قَوْمٌ ولّوا أمْرَهُمُ امْرَأَةً" .
(١) هو أبو إسحاق أحمد بن محمد بن إبراهيم النيسابوري. توفي سنة (٤٢٧ هـ). وتفسيره: الكشف والبيان في تفسير القرآن. قال عنه الزركلي: مخطوط. ترجمته في شذرات الذهب (٥/ ١٢٧) تحقيق محمود الأرناؤوط - طبع دار ابن كثير، والأعلام (١/ ٢١٢). (٢) أورده القرطبي في تفسيره (١٣/ ٢١١). (٣) في ط: قبحوية. وهو تصحيف. وهو الحسين بن محمد بن الحسين بن عبد الله بن صالح بن شعيب بن فنجويه الثقفي الدينوري. توفي سنة (٤١٤ هـ). ترجمته في سير أعلام النبلاء (١٧/ ٣٨٣). (٤) المجروحين لابن حبان (١/ ١٢٠)، والضعفاء للبخاري (١٧)، وللنسائي (١٧). (٥) صحيح البخاري رقم (٤٤٢٥) في المغازي، باب كتاب النبي ﷺ إلى كسرى وقيصر، ورقم (٧٠٩٩) في الفتن، باب (١٨). وفيه: لن يفلح.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies