Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il abolit les droits de douane et les taxes, fit creuser de grands canaux, construisit la madrasa d’Abû Ḥanîfa, le marché attenant, ainsi que la mosquée que l’on appelle « Mosquée du Sultan » à Bagdad.

Il éleva encore quantité de mosquées, érigea à Koufa le « minaret des Cornes » – bâti avec les trophées de ses chasses – et un autre semblable au-delà du fleuve. Il fit consigner le nombre exact des bêtes qu’il abattit de sa propre main ; on en compta près de dix mille. Il distribua alors dix mille dirhams en aumône et déclara : « Je crains Allah, le Très-Haut, d’avoir ôté la vie à une créature sans nécessité de subsistance. »

Ses belles actions et la rectitude de sa conduite furent nombreuses. Ainsi, un paysan lui rapporta qu’une bande de pages lui avait enlevé une charge de pastèques, tout son capital. Le sultan répondit : « Aujourd’hui même, je te rendrai ta charge. » Il dit alors à son intendant : « Apportez-moi des pastèques aujourd’hui. » On fouilla et l’on trouva des pastèques dans la tente du ḥâǧib ; on les lui remit. Malik Shâh fit venir le ḥâǧib :
– D’où tiens-tu ces pastèques ?
– Les pages me les ont apportées.
– Fais-les comparaître.

Le ḥâǧib alla, dispersa les pages, puis revint. Le sultan le remit alors au paysan en disant : « Prends-le par la main, car il est mon esclave et l’esclave de mon père ; garde-toi de le lâcher. » Il restitua la marchandise et le paysan sortit, son chargement sur l’épaule et le ḥâǧib à la main. Ce dernier ne se libéra qu’en lui versant trois cents dinars.

Lorsque Malik Shâh se mit en route pour combattre son frère Tutush, il s’arrêta à Ṭûs et entra, accompagné de Niẓâm al-Mulk, visiter la tombe de l’imâm ʿAlî ibn Mûsâ al-Riḍâ – qu’Allah lui fasse miséricorde. À leur sortie, il demanda à Niẓâm :
– Qu’as-tu imploré d’Allah ?
– Je Lui ai demandé qu’Il te donne la victoire sur ton frère.
– Pour ma part, dit le sultan, j’ai dit : « Ô Allah, si mon frère est meilleur que moi pour les musulmans, accorde-lui la victoire sur moi ; et si je suis meilleur pour eux, accorde-moi la victoire sur lui. »

Ce même Malik Shâh conduisit son armée d’Ispahan jusqu’à Antioche sans qu’on ait su qu’un seul soldat eût lésé l’un de ses sujets, bien qu’ils fussent des centaines de milliers.

Un Turkmène se présenta devant lui : un homme avait défloré sa fille et il voulait l’autorisation de le tuer. Le sultan lui dit : « Si ta fille l’avait voulu, elle ne se serait pas laissée faire. Si donc tu veux absolument agir, tue-la avec lui. » L’homme se tut. Le roi reprit : « Ne préfères-tu pas mieux que cela ? – Et quoi donc ? – Que tu la maries à cet homme. » Il la maria donc à celui-ci, et le sultan déclara : « Je leur verserai, sur le Bayt al-Mâl, une dot suffisante. » Il mit aussitôt sa promesse à exécution.

Un prédicateur raconta au sultan qu’un jour Kisrâ, voyageant seul loin de son armée, traversa un village, s’arrêta à la porte d’une maison et demanda à boire. Une jeune fille lui présenta un récipient rempli d’eau sucrée au jus de canne, rafraîchie de neige. Il en but et s’en trouva charmé.
– Comment préparez-vous cela ? demanda-t-il.
– C’est chose aisée ; nous le pressons de nos mains, répondit-elle.

Il demanda une seconde gorgée ; lorsqu’elle partit la chercher, il pensa confisquer le lieu pour l’échanger contre un autre. Elle tarda, puis revint les mains vides.
– Qu’as-tu ?
– Il semble que l’intention de notre souverain ait changé à notre égard ; l’extraction m’est devenue pénible, répondit-elle, sans savoir qu’elle s’adressait au souverain lui-même.

Il lui dit : « Va, maintenant tu y parviendras », ayant détourné son dessein. Elle revint promptement avec une nouvelle boisson ; il la but et s’en alla.

Le sultan Malik Shâh conclut : « Cette histoire me convient, mais conte aussi à la population l’autre anecdote de Kisrâ, lorsqu’il traversa un verger et demanda à son gardien une grappe de raisin vert, car la jaunisse l’avait atteint… »

(1) Un ajout provenant de (b) et (ṭ).
المكوس والضرائب، وحفر الأنهار الكبار، وبنى مدرسة أبي حنيفة [والسوق، وبنى الجامع الذي يقال له: جامع السلطان ببغداد] (١) وبنى الجوامع، وبنى منارة القرون من صيوده بالكوفة، ومثلها فيما وراء النهر، وضبط ما صاده بنفسه في صيوده، فكان نحوًا من عشرة آلات صيد، فتصدّق بعشرة آلاف درهم وقال: إني خائف من الله تعالى أن أكون أزهقت نفسَ حيوان لغير مأكلة. وقد كانت له أفعال حسنة، وسيرة صالحة، من ذلك: أن فلاحًا أنهى إليه أن غلمانًا أخذوا له حمل بطيخ، وهو رأس ماله، فقال: اليوم أردّ عليك حملك، ثمّ قال لقيّمه: أريد أن تأتوني اليوم ببطيخ، ففتشوا فإذا في خيمة الحاجب بطيخ، فحملوه إليه، فاستدعى الحاجب فقال: من أين لك هذا البطيخ؟ قال: جاء به الغلمان، فقال: أحضرهم، فذهب فهزمهم، فأرسل إليه فأحضره، وسلَّمه للفلاح، وقال: خذ بيده فإنّه مملوكي ومملوك أبي، وإياك أن تفارقه، فردّ عليه حمله، فخرج الفلاح بحمله، وفي يده الحاجب فاستنقذ [الحاجب] نفسه [من الفلاح] بثلاثمئة دينار. ولما توجّه لقتال أخيه تتش اجتاز بطوس، فدخل لزيارة قبر علي بن موسى الزَضا، ومعه نظام المُلْك، فلما خرجا قال للنظام: بم دعوت الله؟ قال: دعوت الله أن يُظْفِرَكَ على أخيك، فقال: لكني قلت: اللهمّ إن كان أخي أصْلَحَ مني للمسلمين فظفِّره بي، وإن كنتُ أصْلَحَ لهم فظفّرني به. وقد سار ملك شاه هذا بعسكره من أصبهان إلى أنطاكية، فما عرف أن أحدًا من جيشه ظلم أحدًا من رعيته، [وكانوا مئين ألوف] . واستعدى إليه تركماني: أنَّ رجلًا افتضّ بكارة ابنته، وهو يريد أن يمكنه من قتله، فقال: يا هذا، إن ابنتك لو شاءت ما مكَّنته من نفسها، فإن كنت لابدّ فاعلًا فاقتلها معه، فسكت الرجل. ثمّ قال الملك: أو خير من ذلك؟ قال: وما هو؟ قال: أن تزوجها منه، فزوّجها من ذلك الرجل، وأنا أمْهرهما من بيت [المال] كفايتهما، [ففعل] . وحكى له بعض الوعاظ أن كسرى اجتاز يومًا في بعض أسفاره بقرية منفردًا من جيشه فوقف على باب دار فاستسقى، فأخرجت إليه جارية إناءً فيه ماءُ قصب السكر بالثلج، فشرب منه فأعجبه، فقال: كيف تصنعون هذا؟ فقالت: إنّه سهل علينا، اعتصاره على أيدينا، فطلب منها شربة أخرى، فذهبت لتأتيه بها، فوقع في نفسه أن يأخذ هذا المكان منهم ويعوّضهم عنه غيره. فأبطأت عليه، ثمّ خرجت وليس معها شيء، فقال: ما لكِ؟ فقالت: كأن نيّة سلطاننا تغيرت علينا، فتعسّر عليّ اعتصاره، وهي لا تعرف أنّه السلطان. فقال اذهبي فإنّك الآن تقدرين، وغير نيّته إلى غيرها، فذهبت، وجاءته بشربة أخرى سريعًا، فشربها وانصرف. فقال له السلطان ملك شاه: هذه تصلح لي، ولكن قصّ على الرعية حكاية كسرى الأخرى حين اجتاز ببستان فطلب من ناطوره عنقودًا من حصرم، فإنّه قد أصابته صفراء [في رأسه]
(١) زيادة من (ب) و (ط).

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