al-Ḥakkāk (1), le Mecquois.
Il parcourut la Syrie, l’Irak, Iṣfahân et d’autres contrées en quête du ḥadith ; il en entendit un grand nombre [et en publia des fascicules]. C’était un ḥāfiẓ, méticuleux, sûr, précis, véridique, [lettré], vertueux. Il correspondait avec le gouverneur de La Mecque, appartenait aux gens de prestance et de bravoure, et approchait de quatre-vingts ans. Qu’Allâh lui fasse miséricorde.
Niẓām al-Mulk, le vizir (2), est al-Ḥasan ibn ʿAlī ibn Isḥāq ibn al-ʿAbbâs, Abû ʿAlî le vizir.
Il fut vizir du roi Alp Arslân puis de son fils Malik Shâh durant trente ans, comptant parmi les meilleurs ministres. Né à Ṭûs en 408 H, son père servait les compagnons de Maḥmûd ibn Subuktegîn [et appartenait aux dihqâns] (3). Niẓām al-Mulk se voua alors à l’étude : il acheva la récitation du Coran [à l’âge de onze ans], se consacra aux sciences des lectures, au fiqh selon l’école shâfiʿite, à l’audition du ḥadith, ainsi qu’à la langue et à la grammaire. Doué d’une ambition élevée, [il acquit dans ces disciplines une part notable]. Il gravit ensuite les échelons jusqu’à devenir vizir [du sultan Alp Arslân ibn Dâwud ibn Mîkâʾîl ibn Saljûq, puis, après lui, de Malik Shâh durant vingt-neuf ans, sans jamais connaître de disgrâce] (4).
Il fit édifier les madrasas Niẓâmiyya (5) à Bagdad, à Naysâbûr et ailleurs. Son majlis était rempli de juristes et de savants, avec lesquels il passait la majeure partie de son temps.
On lui dit un jour : « Ces hommes te détournent de bien des affaires. » Il répondit : « Ils sont l’ornement de ce monde et de l’Au-delà ; quand bien même je les placerais sur ma tête, je ne trouverais pas cela excessif. »
Lorsque Abû al-Qâsim al-Qushayrî et Abû al-Maʿâlî al-Juwaynî se présentaient, il se levait pour eux et les faisait asseoir sur le coussin d’honneur. Mais, quand Abû ʿAlî al-Fârmadhî (6) entrait, il se levait, le faisait asseoir à sa propre place et s’asseyait lui-même en face de lui. On le blâma pour cela, et il répondit :
« Les deux premiers, quand ils viennent, disent : “Tu es ceci, tu es cela” ; [ils me flattent, m’exaltent et m’attribuent ce qui n’est pas en moi, de sorte que s’accroît ce que la nature humaine recèle]. Quand Abû ʿAlî al-Fârmadhî entre, il me rappelle mes défauts et mes injustices ; je m’humilie et me détourne de bien des choses où je me trouve. »
Et il était