l’armée ; elle prit ensuite un contrôle rigoureux des finances et des affaires, puis dépêcha un message au calife afin que son fils Maḥmûd fût proclamé sultan après son père et que la khuṭba fût prononcée en son nom sur les chaires. Le calife accéda à sa demande, lui envoya les robes d’investiture et dépêcha, pour lui présenter condoléances et félicitations, son vizir ʿAmîd ad-Dawla Ibn Jahîr.
(1) À cette date, le roi Maḥmûd n’avait que cinq ans. Sa mère prit alors la route d’Iṣfahân pour affermir son autorité ; ils y entrèrent et atteignirent leur dessein : la khuṭba fut prononcée pour lui dans toutes les contrées, jusque dans les Deux Lieux saints. On lui donna pour vizir Tâj al-Mulk Abû al-Ghanâʾim Marzbân ibn Khusraw.
La mère du roi Maḥmûd sollicita ensuite du calife que les gouvernorats des provinces fussent placés sous l’autorité de son fils ; le calife refusa et al-Ghazâlî l’appuya, disant : « La Sharîʿa ne l’autorise pas. » Plusieurs savants, dont al-Mutayyab ibn Muḥammad al-Ḥanafî, émirent pourtant un avis favorable, mais l’on ne retint que la position d’al-Ghazâlî.
La plus grande partie de l’armée du sultan se rallia alors à son autre fils, Barkiyârûq ; elle lui prêta serment et la khuṭba fut dite pour lui à Rayy, tandis que la Khâtûn et son enfant demeurèrent isolés, n’ayant plus qu’une poignée de soldats et de gardes personnels. La Khâtûn dépensa trente millions de dinars pour combattre Barkiyârûq ibn Malikshâh. Ils s’affrontèrent en Dhû al-Ḥijja ; la Khâtûn, avec son fils, fut vaincue. Il est établi dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî (3) : « Un peuple qui confie ses affaires à une femme ne prospérera jamais. »
Durant cette même année, une violente grêle s’abattit sur Baṣra ; chaque grêlon pesait de cinq à treize ratls, détruisant quantité d’arbres. Un vent impétueux et dévastateur renversa également des dizaines de milliers de palmiers. ﴿Et tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis ; cependant Il pardonne beaucoup.﴾ (ash-Shûrâ, 30).
En Dhû al-Qaʿda, les Banû Khafâja tendirent une embuscade aux pèlerins ; les troupes présentes dans la caravane, sous le commandement de l’émir Khumârtakîn, les combattirent, les mirent en fuite et pillèrent les biens des Bédouins. Louange et grâce à Allâh.
Au cours de cette année encore, Tâj ad-Dawla Tutush, seigneur de Damas, s’empara de la ville de Ḥimṣ, de la citadelle dʿArqa et de celle d’Afâmiya, assisté de Qasîm ad-Dawla Âq-Sunqur.
Par ailleurs, le sultan avait équipé une expédition vers le Yémen sous la conduite de Saʿd ad-Dawla Kuhrayîn et d’un autre émir turkmène ; ils y pénétrèrent et s’y comportèrent fort mal. Saʿd ad-Dawla Kuhrayîn mourut le jour même de son entrée à ʿAden. Louange et grâce à Allâh.
Parmi les notables décédés cette année-là se trouvait Jaʿfar ibn Yaḥyâ ibn ʿAbd Allâh ibn ʿAbd ar-Raḥmân, Abû al-Faḍl at-Tamîmî, connu sous le nom de