et son fils Ibn al-Mawṣalāyā le suppléa dans le vizirat (1). Il s’était déjà converti à l’islam avant d’entrer en fonction, au début de cette même année.
Au mois de Ramaḍân, le sultan Malikshâh fit son entrée à Bagdad, accompagné du vizir Niẓâm al-Mulk. Pour l’accueillir, sortirent le juge des juges Abû Bakr ash-Shâshî ainsi qu’Ibn al-Mawṣalāyā al-Muslimânî ; les souverains des marches vinrent également lui rendre hommage, parmi eux son frère Tâj ad-Dawla Tutush, maître de Damas, et son atabeg Qasîm ad-Dawla Âqsunqur, gouverneur d’Alep.
En Dhû al-Qaʿda, Malikshâh partit, escorté de son fils et du fils que sa fille avait eu du calife, à la tête d’une foule innombrable, en direction de Kûfa.
Au cours de la même année, Abû Manṣûr ibn Jahîr fut investi du vizirat ; c’était pour lui la seconde nomination auprès d’al-Muqtadî. On lui remit la robe d’honneur et Niẓâm al-Mulk se rendit chez lui pour le féliciter, dans sa demeure [située à Bâb al-ʿÂmma].
En Dhû al-Ḥijja, le sultan célébra le Mawlid sur le Tigre : d’immenses brasiers furent allumés et d’innombrables bougies brûlées ; [les chanteuses furent réunies sur les samiriyyât]. La nuit fut mémorable, vraiment extraordinaire, et les poètes la chantèrent en vers. À l’aube qui suivit, on amena [le misérable astrologue incendiaire de Baṣra] — le prédicateur qui se prétendait al-Mahdî, Tilîyâ l’astrologue — juché sur un chameau à Bagdad ; [il se mit] à insulter les gens, tandis que ceux-ci le maudissaient. Sur sa tête était posé un chapeau pointu garni de coquillages, et le fouet le cinglait de toutes parts [on le promena ainsi dans Bagdad], puis il fut crucifié.
Cette année-là encore, le sultan Malikshâh chargea Jalâl ad-Dawla de reconstruire la mosquée qui porte son nom, à l’extérieur des remparts.
Durant la même année, l’Amîr des croyants Yûsuf ibn Tâshfîn, souverain du Maghreb, conquit une grande partie d’al-Andalus (2). Il fit prisonnier son roi, al-Muʿtamid ibn ʿAbbâd, et l’enferma, lui et sa famille, à Aghmât (3). Al-Muʿtamid était renommé pour sa générosité, son raffinement, son savoir, sa clémence, la rectitude de son gouvernement et son affabilité, ainsi que pour la bonté et la douceur dont il usait envers ses sujets. Les gens en furent profondément attristés, [et les poètes multiplièrent les élégies à l’occasion de son malheur] (4).
Au cours de la même année, les Francs s’emparèrent de [la ville de] Sicile, l’une des contrées du Maghreb. Leur roi mourut (5) et son fils lui succéda ; il se conduisit envers la population selon la manière des rois musulmans, leur témoignant bienfaisance, comme s’il était l’un d’eux, [en raison des marques de bonté qu’il prodigua aux musulmans].