Je leur ai prêté mon cœur, en toute confiance ;
Mais ils ne m’ont jamais rendu ce qu’ils avaient emprunté.
Muhammad ibn Aḥmad ibn Ḥāmid ibn ʿUbayd (1), Abū Jaʿfar al-Bukhārī, théologien spéculatif muʿtazilite, résida à Bagdad et était connu sous le titre de « Qāḍī de Ḥalab ». Suivant l’école ḥanafite dans les branches du fiqh et muʿtazilite dans les fondements, il mourut à Bagdad cette année-là et fut inhumé à Bāb Ḥarb.
Muhammad ibn Aḥmad ibn ʿAbd Allāh ibn Muhammad ibn Ismāʿīl al-Iṣfahānī (2), connu sous le nom d’Ibn Samkuya (3), comptait parmi les grands ḥuffāẓ voyageurs ; il écouta de nombreux ḥadiths, rassembla des livres et séjourna à Harāt. C’était un homme vertueux, assidu dans l’adoration ; il mourut – qu’Allāh lui fasse miséricorde – à Naysābūr, en dhū al-Ḥijja de cette année.
Puis débuta l’an 483 de l’Hégire.
Au mois de Muḥarram, le juriste Abū ʿAbd Allāh al-Ṭabarī reçut un rescrit de Niẓām al-Mulk l’investissant de la chaire d’enseignement à la Niẓāmiyya de Bagdad, et il y enseigna. En Rabīʿ al-Awwal, le juriste Abū Muḥammad ʿAbd al-Wahhāb al-Shīrāzī reçut, lui aussi, un rescrit analogue pour y enseigner ; il fut convenu que l’un donnerait cours un jour, l’autre le lendemain.
En Jumādā al-Ūlā, les habitants de Baṣra furent éprouvés par un certain Tilyā (4), astrologue, qui séduisit nombre d’entre eux et prétendit être le Mahdī. Il ravagea la ville, détruisant notamment une demeure – la première maison de livres consacrée en waqf dans l’Islam, telle qu’on n’en avait jamais vu –, ainsi qu’un grand nombre d’armoires, d’ateliers et d’autres installations.
Au cours de cette même année :
– On remit une robe d’honneur à Abū al-Qāsim ʿAlī ibn Ṭirād al-Zaynabī pour la charge de naqīb des ʿAbbāsides, succédant ainsi à son père.
– Une consultation juridique fut sollicitée au sujet des maîtres d’écoliers : fallait-il leur interdire l’accès aux mosquées pour en préserver la pureté ? Les jurisconsultes émirent une fatwā les en bannissant, à l’exception d’un seul homme, un faqīh shāfiʿite, qui savait comment sauvegarder la dignité des mosquées. Le mufti appuya son avis sur la parole du Prophète ﷺ : « Bouchez toutes les petites ouvertures, à l’exception de la petite ouverture d’Abû Bakr » (5).