Au cours de celle-ci :
La khātūn, fille du sultan et épouse du calife, envoya à son père une plainte au sujet de l’indifférence que lui témoignait le calife. Son père dépêcha alors le ṭawāshī Ṣawāb ainsi que l’émir Marān afin qu’ils la reconduisent auprès de lui. Le calife acquiesça, et il la fit accompagner par le naqīb et un groupe d’émirs éminents. Le fils du calife, Abū al-Faḍl, sortit avec le vizir et l’escortèrent jusqu’à al-Nahrawān. Cela se produisit au mois de Rabīʿ al-Awwal. Lorsqu’elle parvint auprès de son père, elle décéda au mois de Shawwāl de cette même année à Iṣfahān. Ses funérailles furent célébrées à Bagdad durant sept jours, et le calife envoya deux émirs auprès du sultan pour lui présenter ses condoléances.
Cette année-là, le ḥajj fut conduit par Khumārtakīn.
Et parmi les notables décédés au cours de cette année :
– ʿAbd al-Ṣamad ibn Aḥmad ibn ʿAlī, surnommé Ẓāhir al-Nīsābūrī, le ḥāfiẓ. Il voyagea, écouta de nombreux ḥadiths et les transmit ; la mort le surprit cette année-là à Hamadhān alors qu’il était encore jeune. Qu’Allāh lui fasse miséricorde.
– ʿAlī ibn Abī Yaʿlā ibn Zayd, Abū al-Qāsim al-Dabūsī, qui enseigna à la Nizāmiyyah après al-Mutawallī. Il avait recueilli quelques ḥadiths, était un juriste accompli et un dialecticien brillant.
– ʿĀṣim ibn al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn ʿĀṣim ibn Mihrān, Abū al-Ḥusayn al-ʿĀṣimī. Originaire d’al-Karkh, il résidait à Bāb al-Shaʿīr. Né en l’an 397 H, il fut un homme de mérite et de belles-lettres ; il entendit le ḥadith auprès d’al-Khaṭīb et d’autres, et était reconnu fiable et mémorisateur.
De sa belle poésie, on rapporte :
A Hélas ! à Kāẓima j’ai quitté mes compagnons, quelle peine ;
A Depuis qu’ils se sont éloignés, mes yeux ne cessent de pleurer, toujours en peine.
B Ils sont partis, et mes larmes ruissèlent, mon cœur n’est que douleur ;
B Eux ont trouvé un réconfort ; pour moi, nul substitut ne guérit ma douleur.