– Hibat Allâh ibn ʿAlî ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Mujlî (1), Abû Naṣr. Il rassembla des sermons et des exhortations, entendit le ḥadith auprès d’un grand nombre de shaykhs, puis mourut jeune, avant d’être en âge de le transmettre – qu’Allâh lui fasse miséricorde.
– Abû Bakr ibn ʿUmar, l’émir des Mulaththamûn (2). Dans le pays de Ghânah (3), il jouit d’un prestige qu’aucun autre roi n’atteignit. Lorsque, pour combattre l’ennemi, il prenait la route, cinq cent mille combattants chevauchaient à ses côtés, tous animés de l’obligation de lui obéir. Il faisait appliquer les peines légales, sauvegardait les interdits de l’Islam [et protégeait la religion], gouvernait les gens conformément à la Sharîʿah, avec la rectitude de sa croyance [et de sa foi] et en demeurant loyal envers le califat ʿabbâside. Une flèche le frappa à la gorge au cours d’une de ses campagnes et le tua cette année-là.
– Fâṭimah bint ʿAlî, préceptrice et calligraphe (4), connue sous le nom de « Bint al-Aqraʿ ». Elle entendit le ḥadith d’Abû ʿUmar ibn Mahdî et d’autres. Elle écrivait le khaṭṭ mansûb selon la méthode d’Ibn al-Bawwâb (5), et les gens copiaient d’après elle. C’est de sa main que fut rédigée la trêve envoyée par le Dîwân au roi des Byzantins. Elle adressa un jour un billet à ʿAmîd al-Mulk al-Kundurî, qui lui remit mille dinars. Elle mourut au mois de [Muḥarram] à Bagdad cette année-là et fut inhumée à Bâb Abraz.
Puis commença l’année quatre-cent quatre-vingt-un.
Au cours de celle-ci se produisirent de graves troubles à Bagdad entre les Râfiḍah et les Sunnites, accompagnés d’événements nombreux.
En [Rabîʿ al-Awwal], les Turcs furent expulsés du ḥarîm du califat, mesure qui renforça le pouvoir califal.
Durant cette même année, Masʿûd, fils d’al-Malik al-Muʾayyad ibn Ibrâhîm ibn Masʿûd ibn Maḥmûd ibn Subuktagîn, s’empara des territoires de Ghazna à la suite de son père.