– Muḥammad, fils de l’Amîr al-Muʾminîn al-Muqtadî bi-Amri Llâh (1). Une attaque de variole l’emporta alors qu’il n’avait que neuf ans. Son père, ainsi que la population, furent saisis de tristesse. Tandis que l’on s’était rassemblé pour présenter les condoléances, il leur fit dire : « Nous avons dans le Messager d’Allâh – paix et salut sur lui – un excellent modèle, lorsqu’il perdit son fils Ibrâhîm. » Et Allâh – Très-Haut – a dit : « Ceux qui, lorsqu’un malheur les atteint, disent : “En vérité, nous appartenons à Allâh et c’est vers Lui que nous retournons.” » (al-Baqarah, 156). Puis il congédia les gens, et chacun regagna sa demeure.
– Muḥammad b. Muḥammad b. Zayd b. ʿAlî b. Mûsâ b. Jaʿfar b. Muḥammad b. ʿAlî b. al-Ḥusayn b. ʿAlî b. Abî Ṭâlib (2), Abû al-Ḥasan al-Ḥusaynî, surnommé al-Murtadâ Dhû al-Sharafayn. Né en 405 H/1014 à Bagdad, il y grandit, entendit de nombreux ḥadiths et lut lui-même auprès des shaykhs. Il fréquenta l’hâfiẓ Abû Bakr al-Khaṭîb, acquit ainsi une solide maîtrise du ḥadith et al-Khaṭîb reçut de lui certains de ses récits. Il se rendit ensuite à Samarcande, puis dicta le ḥadith à Ispahan et ailleurs. Il possédait un esprit accompli, de grandes vertus et une haute noblesse d’âme. Sa fortune était considérable : de vastes domaines et d’abondants biens. On rapporte qu’il détenait quarante villages et qu’il multipliait les aumônes, les bienfaits et le soutien aux savants comme aux pauvres. La zakât de ses biens non agricoles atteignait dix mille dinars, sans compter la zakât des dîmes. Il possédait un verger qu’aucun roi ne possédait. Le souverain d’Outre-fleuve, al-Khiḍr b. Ibrâhîm, le lui demanda en prêt pour s’y promener ; il refusa en disant : « Lui prêter afin qu’il y boive du vin, alors qu’il était le refuge des gens de science, de piété et de ḥadith ! » Le sultan se détourna de lui et en conçut du ressentiment. Il le manda ensuite, comme à l’accoutumée, pour le consulter ; dès qu’il fut en sa présence, il le fit arrêter, l’enferma dans sa citadelle et s’empara de tous ses biens et avoirs. Il disait alors : « Ce n’est que par cette confiscation que j’ai eu la confirmation de l’authenticité de ma lignée ; j’ai été élevé dans l’opulence et je me disais : un homme tel que moi doit inéluctablement être éprouvé. » On lui refusa ensuite nourriture et boisson jusqu’à ce qu’il mourût – qu’Allâh lui fasse miséricorde – dans la citadelle. Son corps fut transporté et enterré sur place ; sa tombe est visitée, qu’Allâh honore sa demeure.
– Muḥammad b. Hilâl b. al-Muḥassin (3) b. Ibrâhîm (4), Abû al-Ḥasan al-Ṣâbiʾ, surnommé Gharas an-Niʿma. Il reçut le ḥadith de son père et d’Abû ʿAlî b. Shâdhân. Il se distinguait par des aumônes nombreuses et des actes de bienfaisance. Il a complété la chronique de son père, elle-même continuation de celle de Thâbit b. Sinân, qui prolongeait l’Histoire d’Ibn Jarîr aṭ-Ṭabarî. Il fit bâtir à Bagdad une maison où il constitua un waqf de quatre mille volumes couvrant diverses disciplines du savoir. À son décès, il laissa soixante-dix mille dinars. Il fut inhumé au mausolée d’ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – et qu’Il lui fasse miséricorde.