par des embarcations merveilleusement décorées, véritables merveilles qui éblouissaient les regards ; ainsi fit-elle son entrée dans la Demeure du califat sous cet apparat, et la nuit fut d’une somptuosité inouïe, mémorable entre toutes. Le ḥarîm ṭâhirî avait été paré et l’on y avait allumé les cierges.
(1) Le lendemain, le calife fit comparaître les émirs du sultan, déploya un banquet tel qu’on n’en avait jamais vu, où présents et absents trouvèrent leur part, puis il revêtit de la robe d’honneur la khâtûn, épouse du sultan – la mère de la mariée – ; la journée demeura gravée dans les mémoires. Le sultan, alors parti à la chasse, ne revint que quelques jours plus tard, et la nuit de la consommation eut lieu au commencement de l’année.
(2) De cette union, elle donna au calife, au mois de Dhû al-Qaʿda, un fils pour lequel Bagdad entière se para (3).
Au cours de la même année :
– Le sultan Malik-Shâh eut un fils qu’il nomma Maḥmûd ; c’est lui qui régna après lui.
– Le sultan investit son fils Abû Shujâʿ Aḥmad comme héritier présomptif, lui conférant les titres de « Roi des rois, ʿAḍud ad-Dawla, Tâj al-Milla, ʿUddat Amîr al-Muʾminîn ». On prononça le khuṭba en son nom avec ces titres sur les chaires de Bagdad et d’autres villes, et l’on répandit de l’or sur les prêcheurs quand son nom était évoqué.
– On entreprit la construction de la Tâjiyya, à Bâb Abriz ; un jardin y fut aménagé, où l’on planta palmiers et arbres fruitiers, et l’on bâtit une enceinte sur ordre du sultan Malik-Shâh.
– Cette année-là, le pèlerinage fut dirigé par Najm ad-Dawla Khumâr Takin.
Parmi ceux qui moururent durant cette année :
– Ismâʿîl ibn ʿAbd Allâh ibn Mûsâ ibn Saʿîd (4), Abû al-Qâsim an-Naysâbûrî (5). Il parcourut les contrées à la recherche du ḥadîth, jusqu’au-delà du fleuve, et jouissait d’une large part de science littéraire et de connaissance de l’arabité. Il mourut à Naysâbûr, en Jumâdâ al-Ûlâ de cette année.
– Ṭâhir ibn al-Ḥusayn al-Bandanîjî (6), Abû al-Wafâʾ, poète éminent : il composa deux qaṣîdas à la louange de Niẓâm al-Mulk, l’une entièrement vocalisée, l’autre dépourvue de points ; la seconde commence ainsi :
Ils blâmèrent ; s’ils savaient ce qu’est blâmer, jamais ils n’auraient blâmé,
Et repousser leurs reproches n’est que chagrin et tourments amoncelés.
Il mourut dans sa ville, en Ramaḍân, à plus de soixante-dix ans. Qu’Allâh, exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.