Il composa des ouvrages qui témoignaient de son savoir et de la profondeur de son intelligence ; il transmit les ḥadīth avec leurs chaînes de transmission, mourut en Rabīʿ al-Awwal de cette année et fut enterré à Bāb Abriz — qu’Allāh lui fasse miséricorde.
ʿAlī ibn Aḥmad al-Tustarī était le plus en vue des habitants de Baṣra par sa fortune et son prestige. Il possédait des navires qui naviguaient en mer, récitait le Coran, écoutait les ḥadīth et se distingua par la transmission exclusive des « Sunan » d’Abū Dāwūd. Il décéda en Rajab de cette même année.
Yaḥyā ibn Ismāʿīl al-Ḥusaynī était juriste selon l’école de Zayd ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn, et il détenait une connaissance solide des fondements du droit et du ḥadīth.
Puis s’ouvrit l’an quatre-cent-quatre-vingts. Au cours de son mois de Muḥarram, le trousseau de la [fille] du sultan Malik-Shāh fut transporté vers la noble Demeure du califat sur cent trente chameaux caparaçonnés de brocart byzantin, chargés de vaisselle d’or et d’argent ; sur soixante-quatorze mulets richement caparaçonnés de brocart royal — leurs clochettes et colliers étant d’or et d’argent ; six d’entre eux portaient douze coffres d’argent contenant [diverses sortes de] joyaux et parures. Devant les mulets marchaient trente-trois chevaux aux harnachements d’or sertis de gemmes, ainsi qu’un grand palanquin revêtu de brocart royal, plaqué de feuilles d’or ornées de pierres précieuses.
Le calife envoya à leur rencontre le vizir Abū Shujāʿ, précédé d’environ trois cents membres du cortège, sans compter les torches, pour servir la dame Khātūn, épouse du sultan, Tarkan Khātūn, belle-mère du calife ; il la pria de porter le noble dépôt jusqu’à la Demeure du califat, et elle y consentit. Le vizir Niẓām al-Mulk et les grands émirs se présentèrent également, portant devant eux une multitude innombrable de cierges et de flambeaux. Les épouses des émirs arrivèrent à leur tour, chacune entourée de sa suite et de ses servantes.
Puis vint, la dernière, la khātūn, fille du sultan et épouse du calife, dans une litière somptueusement drapée ; elle était parée d’or et de pierreries d’une valeur inestimable, et deux cents servantes turques entouraient la litière.