Il se mit en route de bonne heure, remit ces territoires au ʿAmīd Abū ʿAlī al-Balkhī, conféra une robe d’honneur à Sayf ad-Dawla Ṣadaqa ibn Dubays al-Asadī et le confirma dans la charge détenue par son père. Il entra à Bagdad au mois de Dhū al-Qaʿda de cette année ; c’était sa toute première entrée dans la cité. Il visita les mausolées et les sépultures, se rendit auprès du calife, lui baisa la main et la porta à ses yeux. Le calife lui octroya une magnifique robe d’honneur, lui délégua les affaires de la population, puis passa en revue ses émirs, tandis que Niẓām al-Mulk se tenait devant lui, les lui présentant un [à un] : leur nom, l’effectif de leurs troupes et le montant de leur iqṭāʿ.
Le sultan sortit ensuite et descendit à la madrasa Niẓāmiyya — qu’il n’avait jamais vue auparavant —, l’admira tout en la trouvant trop exiguë ; il loua ses occupants [tous ceux qui s’y trouvaient], remercia Allāh et L’implora de rendre cela exclusivement pour Sa noble Face (1). Il se rendit dans sa bibliothèque, dicta une partie des ḥadiths qu’il avait entendus, et les traditionnistes les reçurent directement de lui. Le shaykh Abū al-Qāsim ʿAlī ibn Abī al-Ḥusayn al-Ḥusaynī ad-Dabusī (2) arriva à Bagdad avec grand apparat ; on le nomma professeur à la Niẓāmiyya, en remplacement d’Abū Saʿd (3) al-Mutawallī. [Au mois de Rabīʿ al-Ākhir, le minaret de la grande mosquée du palais fut achevé et l’on y appela à la prière (4).]
Au cours de cette même année, de [terribles] tremblements de terre frappèrent l’Irak, la Jazīra et la Syrie ; ils détruisirent de nombreux édifices [et la plupart des habitants se réfugièrent au désert, avant de revenir]. L’émir Khumārtakīn al-Jistānī (5) conduisit le pèlerinage ; la khuṭba au nom des Fatimides fut interrompue à La Mecque et Médine, les plaques fixées à la porte de la Kaʿba portant la mention du [calife] égyptien furent retirées, remplacées par d’autres, sur lesquelles on grava le nom d’al-Muqtadī.
Ibn al-Jawzī (6) rapporte qu’un homme apparut entre as-Sindiyya et Wāsiṭ ; il détroussait les voyageurs bien que sa main gauche fût amputée. Il ouvrait les cadenas en un rien de temps, traversait le Tigre en deux plongées, bondissait de vingt-cinq coudées et escaladait des murs lisses sans que personne pût le capturer ; il quitta al-ʿIraf sain et sauf.
Il ajoute que, la même année, un mendiant qui sollicitait l’aumône dans la mosquée al-Manṣūr mourut ; on découvrit dans sa tunique rapiécée six cents dīnars maghrébins.
Il dit encore qu’au cours de cette année, Sayf ad-Dawla Ṣadaqa offrit un somat, un grand banquet, au sultan Jalāl ad-Dawla Abū al-Fatḥ Malik-Shāh,