« Le rameau des gens de science portera-t-il jamais du fruit … alors que l’Imâm Abû al-Maʿâlî est décédé ? »
Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿAbd Allâh ibn Aḥmad (1),
[Abû ʿAlî] ibn al-Walîd.
Il fut le shaykh des Muʿtazilites ; il leur dispensait l’enseignement, ce que les gens de la Sunnah réprouvèrent. Il demeura donc reclus dans sa maison cinquante ans, jusqu’à sa mort, survenue en Dhû al-Ḥijja de cette année, puis fut inhumé au cimetière de Shûnîziyya. C’est lui qui débattit avec le shaykh Abû Yûsuf al-Qazwînî, l’exégète muʿtazilite, au sujet de la licéité des « jeunes garçons » du Paradis [et de la permission, pour les habitants du Paradis, d’avoir avec eux un rapport anal], ainsi que l’a rapporté Ibn ʿAqîl qui assista à la discussion. Ibn al-Walîd incline à l’autorisation, estimant qu’aucune corruption n’est à craindre en ce lieu, tandis qu’Abû Yûsuf déclara : « Cela ne leur sera accordé – ni en ce monde ni dans l’Au-delà. Et d’où sais-tu qu’ils possèdent un anus ? Cet organe n’a été créé en ce bas-monde que comme issue pour l’excrétion [par besoin des créatures] ; au Paradis il n’existe rien de tel : [les restes de leur nourriture se changent en sueur qui perle de leur peau ; lorsqu’ils s’amincissent, ils n’ont plus besoin d’anus]. La question est donc entièrement dénuée de réalité. »
Cet homme ne rapporta qu’un seul ḥadîth de son maître Abû al-Ḥusayn al-Baṣrî, selon la chaîne déjà mentionnée : de Shuʿba, de Manṣûr, de Ribʿî ibn Ḥirâsh, d’Abû Masʿûd al-Badarî, lequel rapporte que le Messager d’Allâh – paix et salut sur lui – a dit : « Si tu n’as pas de pudeur, fais ce que tu veux. » (2) Ce ḥadîth a également été transmis par al-Qaʿnabî d’après Shuʿba, et nul autre ne l’a rapporté de lui.
On raconte que, lorsqu’al-Qaʿnabî se rendit auprès de Shuʿba, il entra chez lui alors que celui-ci urinait au-dessus d’un conduit d’évacuation ; il le supplia de lui transmettre un hadith, et Shuʿba lui récita cette tradition à titre d’exhortation, promettant de ne rien lui transmettre d’autre. D’autres disent que Shuʿba passa un jour près d’al-Qaʿnabî avant que ce dernier ne se voue à la science du hadith ; il se livrait alors à la boisson. Il lui réclama un hadith, mais Shuʿba refusa ; al-Qaʿnabî dégaina un couteau en déclarant : « Si tu ne me le transmets pas, je te tue ! » Shuʿba le lui transmit ; al-Qaʿnabî se repentit, revint à Allâh et se mit en compagnie de Mâlik. Il manqua ensuite l’audition des autres traditions de Shuʿba, si bien qu’il ne recueillit de lui que celle-ci.
Abû ʿAbd Allâh al-Dâmghânî (3) [le qâḍî], Muḥammad ibn ʿAlî (ibn Muḥammad) (4) ibn al-Ḥusayn ibn ʿAbd al-Malik ibn