Il parcourut les contrées, recueillit de nombreux ḥadiths et fut reconnu pour sa fiabilité, sa piété, son excellence et sa dévotion. Al-Khaṭīb al-Baghdādī reçut la transmission de sa part et rapporta ses ouvrages. Il s’éteignit à al-Anbār, au mois de Jumādā al-Ākhira, âgé d’environ cent ans.
Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥusayn ibn Jarda (1), l’un des plus grands notables de Bagdad, homme de fortune et de noblesse d’âme, possédait une richesse estimée à trois cent mille dinars. Originaire de ʿUkbarā, il s’installa à Bagdad où il se fit bâtir une vaste demeure (2) comprenant trente appartements indépendants, avec bain et verger. La maison avait deux portes, et à chacune se trouvait une mosquée ; lorsque l’appel à la prière retentissait dans l’une, on ne l’entendait pas dans l’autre, tant l’ensemble était étendu. Lorsque survint la sédition d’al-Bāsāsīrī en 450 H, l’épouse du calife al-Qāʾim se réfugia chez lui ; il envoya alors dix mille dinars à l’émir Quraysh ibn Badrān, chef des Arabes, afin qu’il protégeât sa demeure – qu’Allāh le récompense pour ce bienfait. C’est également lui qui édifia la mosquée qui porte son nom à Bagdad, dans laquelle des milliers de fidèles ont achevé la récitation du Coran. Il ne quittait jamais l’habit des marchands. Il mourut le 10 Dhū al-Qaʿda de cette même année et fut inhumé dans la tombe attenante à celle d’al-Qazwīnī – qu’Allāh lui fasse miséricorde.
[Puis débuta l’an 477 H.]
Durant cette année : une guerre opposa Fakhr ad-Dawla ibn Jahīr à Ibn Marwān, seigneur de Diyār Bakr. Ibn Jahīr s’empara du royaume des Arabes, captura leurs familles et conquit les territoires, assisté de Sayf ad-Dawla Ṣadaqa ibn Manṣūr ibn Dubays ibn ʿAlī ibn Mazīd al-Asadī. Ce dernier racheta un grand nombre de captifs arabes ; la population le remercia et les poètes l’en louèrent.
La même année, le sultan envoya ʿAmīd ad-Dawla ibn Jahīr à la tête d’une armée imposante, accompagné de Qasīm ad-Dawla Āqsunqur, ancêtre des Atābegs, futurs souverains de Syrie et de Mossoul ; ils marchèrent sur Mossoul et s’en emparèrent.
Au mois de Shaʿbān, Sulaymān ibn Qutulmish prit Antioche. Sharaf ad-Dawla Muslim ibn Quraysh tenta de la reprendre ; Sulaymān le vainquit et le tua. Muslim comptait parmi les meilleurs souverains : son gouvernement était louable ; dans chaque village il avait placé un gouverneur, un qāḍī et un agent d’information. Il régnait de as-Sindiyya (3) jusqu’à Manbij. Après lui, le pouvoir revint à son frère Ibrāhīm ibn Quraysh, détenu depuis des années ; libéré, il accéda au trône (4).
Au cours de cette même année naquit, le 20 Rajab à Sinjār, le sultan Sanjar ibn Malik Shāh.