Il fut le shaykh des shāfiʿites et le professeur de la Niẓāmiyya. Il naquit en l’an trois cent quatre-vingt-treize de l’Hégire et étudia le fiqh, en Fārs, auprès d’Abū ʿAbd Allāh al-Bayḍāwī, puis se rendit à Bagdad en 415, où il se forma auprès du qāḍī Abū al-Ṭayyib aṭ-Ṭabarī. Il reçut également le ḥadīth d’Ibn Shādhān et d’al-Barqānī. Ascète, dévot et scrupuleux, il jouissait d’un rang éminent, vénéré et respecté. Imām dans le fiqh, les uṣūl, le ḥadīth et bien d’autres disciplines, il laissa de nombreux ouvrages profitables, tels que « al-Muhadhdhab » [dans le madhhab], « at-Tanbīh », « an-Nukat », « al-Khilāf », « al-Lumaʿ fī Uṣūl al-Fiqh », « at-Tabsira », « al-Maʿūna », « Ṭabaqāt al-Fuqahāʾ », et d’autres encore.
Je dis : j’ai rapporté sa biographie de manière détaillée au début du « Sharḥ at-Tanbīh ». Il s’éteignit en Jumādā al-Ākhira, dans la demeure d’Abū al-Muẓaffar, fils du Raʾīs al-Ruʾasāʾ. Abū l-Wafāʾ Ibn ʿAqīl al-Ḥanbalī effectua sa toilette rituelle. La prière funèbre fut célébrée à Bāb al-Firdaws, dans la Dār al-Khilāfa, en présence d’al-Muqtadī bi-Amri-llāh ; elle fut dirigée par Abū l-Fath al-Muẓaffar Ibn Raʾīs al-Ruʾasāʾ, alors vice-vizir. Une seconde prière eut lieu au Jāmiʿ al-Qaṣr, puis il fut inhumé à Bāb Abraza, dans une nécropole attenante à la Tājiyya – qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Les poètes le célébrèrent de son vivant comme après son décès, et lui-même composait une poésie raffinée. Parmi les vers qu’Ibn Khallikān rapporte de lui, on lit :
J’ai cherché parmi les hommes un ami loyal,
et l’on m’a répondu : vers l’ami loyal, nul chemin loyal.
Si tu gagnes l’affection d’un homme vraiment libre, tiens-la comme un trésor rare, (1)
car l’homme libre, en ce bas-monde, demeure un hôte bien rare.
Ibn Khallikān poursuit : « À sa mort, les jurisconsultes organisèrent une cérémonie funèbre à la madrasa Niẓāmiyya, et Muʾayyid al-Mulk y nomma Abū Saʿd al-Mutawallī pour le remplacer. Lorsque la nouvelle parvint à Niẓām al-Mulk, celui-ci écrivit : “Il eût convenu que la madrasa fût fermée une année entière en son honneur.” Il ordonna alors que l’enseignement fût confié au shaykh Abū Naṣr Ibn aṣ-Ṣabbāgh. »
Ṭāhir ibn al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn ʿAbd Allāh al-Qawwās (2) : il apprit le Coran, écouta le ḥadīth et étudia la jurisprudence auprès du qāḍī Abū al-Ṭayyib aṭ-Ṭabarī. Il émit des fatwā et enseigna ; il tenait un cercle de débat et de consultation juridique au Jāmiʿ al-Manṣūr. Homme digne de confiance, pieux et ascète, il demeura attaché à sa mosquée durant cinquante ans. Il s’éteignit cette année-là, à l’âge de quatre-vingt-six ans, et fut enterré près de l’imām Aḥmad – qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ismāʿīl (3), Abū Ṭāhir al-Anbārī, le prédicateur, était connu sous le nom d’Ibn Abī ṣ-Ṣaqr.