Muḥammad ibn Dulaf ibn Abī Dulaf al-Tamīmī, surnommé l’Émir, Saʿd al-Mulk, Abū Naṣr, plus connu sous le nom d’Ibn Mākūlā,
était l’un des éminents spécialistes du ḥadīth et des plus distingués des émirs. Il parcourut les contrées, entendit un grand nombre de traditions et composa plusieurs ouvrages.
Parmi ceux-ci figure :
« Al-Ikmāl fī l-mushtabih min asmāʾ al-rijāl »,
un livre remarquable, sans précédent, auquel nul ne s’est vraiment adjoint si ce n’est Ibn Nuqṭa, dans un ouvrage qu’il intitula
« Al-Istidrāk ».
Ses mamelouks le mirent à mort au Kirmān au cours de la présente année. Il était né en 420 de l’Hégire et vécut cinquante-cinq ans.
Ibn Khallikān rapporte :
on dit qu’il fut tué en 479,
d’autres disent en 485,
d’autres encore en 486 (1).
Il ajoute : son père fut vizir auprès du calife al-Qādir bi-llāh (2), et son oncle ʿAbd Allāh ibn al-Ḥusayn exerça la fonction de qāḍī à Bagdad.
Il précise encore : j’ignore pourquoi on le nomma « l’Émir », si ce n’est par référence à son grand-père l’Émir Abū Dulaf. Il était originaire de Jarbadhaqān (3) et naquit à ʿAkburā, en Shaʿbān 421 de l’Hégire.
Il poursuit : al-Khaṭīb al-Baghdādī avait composé un ouvrage intitulé
« Al-Muʾtanaf »,
réunissant les livres d’al-Dāraquṭnī et de ʿAbd al-Ghanī ibn Saʿīd sur le « muʾtalif wa-l-muḫtalif ». Ibn Mākūlā le compléta et l’intitula
« Al-Ikmāl ».
L’ouvrage est d’une extrême utilité [il lève toute ambiguïté et fixe la vocalisation] ; rien de comparable n’a été rédigé, si bien qu’il n’est plus besoin, après lui, de rappeler un autre mérite. Il atteste l’étendue de son érudition, la rigueur de son contrôle, la précision de son établissement et sa parfaite maîtrise.
De sa poésie, citons :
Démontes tes tentes du sol de la honte ;
Évite l’abaissement, car l’abaissement est honte.
Pars, si ta patrie te réduit à tison ;
Le santal tendre (4), chez lui, n’est que tison (5).
[Puis commença l’année quatre-cent-soixante-seize de l’Hégire]
Au cours de celle-ci :
ʿAmīd al-Dawla ibn Jahīr fut relevé de ses fonctions de vizir du califat ; il partit donc, accompagné de sa famille et de ses enfants, vers le sultan et se rendit auprès du vizir Niẓām al-Mulk. Celui-ci conféra à son fils Fakhr al-Dawla la gouvernance de la région de Diyār Bakr, vers laquelle il se dirigea revêtu des robes d’honneur.