Al-Aswânî, c’est-à-dire Muhammad ibn ‘Abd ar-Rahmân, rapporte de Ya‘qûb al-Qummî (1) :
Abû Mâlik m’a raconté ceci : « Un jour, Salomon fils de David passa devant un moineau qui tournoyait autour d’une femelle de son espèce. Il dit alors à ses compagnons : “Savez-vous ce que cet oiseau dit ?” Ils répondirent : “Que dit-il donc, ô Prophète de Dieu ?” Salomon expliqua : “Il la demande en mariage pour elle-même et lui dit : ‘Épouse-moi et je t’installerai dans n’importe quelle chambre de Damas que tu voudras.’” » Ensuite Salomon (que la paix soit sur lui) déclara : « Car les chambres de Damas sont construites en pierre, personne ne peut y habiter, mais tout prétendant en rajoute toujours. »
Ibn ‘Asâkir en a également fait le récit par l’intermédiaire d’Abû l-Qâsim Zâhir ibn Tâhir, d’après al-Bayhaqî, avec la même chaîne de transmission (2). Il en est de même pour tous les autres animaux et pour l’ensemble des créatures.
La preuve s’en trouve dans ce qui est dit dans la suite des versets : « Nous avons reçu [de Dieu] de toute chose » (cf. le verset), c’est-à-dire de tout ce dont un royaume a besoin comme matériel et instruments, soldats et armées, qu’ils soient issus du monde des djinns ou de l’humanité, ainsi que les oiseaux et les bêtes sauvages (3) qui paissent, sans oublier les connaissances, les compréhensions et la faculté d’exprimer les pensées intimes de toutes les créatures, qu’elles soient douées de parole ou silencieuses.
Puis Il dit : « En vérité, voilà là une grâce évidente », c’est-à-dire un bienfait émanant du Créateur de tous les êtres, de Celui qui a façonné la terre et les cieux,
comme le Très-Haut a dit :
« Et pour Salomon furent rassemblées ses armées issues des djinns, des humains et des oiseaux, et ils étaient rangés en ordre (17)
jusqu’à ce qu’ils fussent parvenus à la Vallée des Fourmis, une fourmi dit : “Ô fourmis, entrez dans vos demeures, de peur que Salomon et ses armées ne vous écrasent, sans s’en rendre compte !” (18) Salomon se mit à sourire, amusé par ses propos, et il dit : “Seigneur, inspire-moi de Te remercier pour Ta grâce dont Tu m’as comblé ainsi que mes père et mère, et de faire une œuvre bonne qui Te satisfasse. Et fais-moi entrer, par Ta miséricorde, parmi Tes serviteurs vertueux.” » (Les Fourmis, 17-19)
Dieu – exalté soit-Il – informe ici de l’histoire de Son serviteur et prophète, fils de Son prophète, Salomon fils de David (que la paix soit sur eux). Un jour, il sortit avec toute son armée, composée des djinns, des humains et des oiseaux. Les djinns et les hommes avançaient en sa compagnie, tandis que les oiseaux volaient au-dessus de lui pour le protéger du soleil et d’autres désagréments. Sur chacun des trois corps d’armée, il y avait des officiers, c’est-à-dire des chefs veillant à ce que les premiers rangs n’empiètent pas sur les derniers, de sorte que nul ne devançât ou ne retardât la place qui lui était assignée.
Le Très-Haut dit : « Jusqu’à ce qu’ils fussent parvenus à la Vallée des Fourmis, une fourmi dit : “Ô fourmis, entrez dans vos demeures, de peur que Salomon et ses armées ne vous écrasent, sans s’en rendre compte !” » Ainsi, cette fourmi commanda, mit en garde et s’excusa auprès de Salomon et de ses armées en invoquant leur méconnaissance de la présence des fourmis.
Wahb a rapporté : alors que Salomon volait sur son tapis, il traversa une vallée à Tâ’if ; on raconte que la fourmi en question se nommait (Jaras) (4), qu’elle appartenait à une tribu appelée Banû Shayṣbân, qu’elle était boiteuse et de la taille d’un loup (5). Tout cela est sujet à caution. D’ailleurs, d’après le contexte, il apparaît plutôt qu’il se trouvait dans son cortège, chevauchant ses chevaux et menant sa cavalerie, et non pas dans la situation que certains ont prétendue pour ce moment-là.