Ne révèle à nul censeur ton intimité,
Ni même à l’indulgent, qu’il s’agisse d’aisance ou d’adversité ;
Car la pitié des affligés a son amertume au cœur,
Pareille à la jubilation que ressent l’ennemi moqueur.
Il dit encore :
L’avare s’éteint à passer sa vie à thésauriser,
Mais les caprices des jours dispersent ce qu’il a amassé ;
Tel le ver à soie, l’ouvrage qu’il ourdit vient l’étouffer (1),
Tandis qu’autrui, non lui, jouit de ce qu’il a tissé.
Yûsuf ibn al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn al-Ḥasan (2), Abû al-Qâsim al-Tafakrî (3), originaire de Zandjân.
Né en 395 de l’Hégire, il se forma au droit selon l’école shâfiʿite et étudia la jurisprudence auprès du shaykh Abû Isḥâq al-Shîrâzî, dont il fut l’un des plus éminents disciples. Dévot, plein de crainte révérencielle, il pleurait souvent lors des rappels et se consacrait à l’adoration. Il mourut cette année-là, âgé d’environ quatre-vingts ans.
[Puis arriva l’an 474]
Au cours de cette année :
– Abû Kâmil Manṣûr ibn Nûr al-Dawla Dubays reçut les fonctions qu’occupait son père, et le sultan ainsi que le calife le revêtirent de la robe d’investiture.
– Sharaf al-Dawla Muslim ibn Qurayš s’empara de Ḥarrân et conclut la paix avec le seigneur d’al-Ruḥâ.
– Tutush ibn Alp Arslân, seigneur de Damas, conquit la ville d’Anṭarṭûs.
[Cette même année, le calife chargea Ibn Jahîr d’aller demander au sultan Malik Shâh la main de sa fille ; la mère consentit, à condition qu’il n’eût ni autre épouse ni concubine et qu’il passe sept jours auprès d’elle. La clause fut acceptée] (4).
[Parmi les notables décédés cette année-là]
Dâwud, fils du sultan Malik Shâh (5).
Le père le pleura d’une douleur si intense qu’il faillit – voire résolut – de se donner la mort ; les émirs l’en empêchèrent. Il quitta alors la ville et ordonna aux femmes de se lamenter sur lui. [Lorsque la nouvelle parvint à Bagdad, le vizir du calife tint séance de condoléances].