Cette année-là :
On fit arrêter un groupe de jeunes gens qui s’étaient donné pour chef un certain ʿAbd al-Qādir al-Hāchimî ; ils échangeaient avec lui des courriers venus de plusieurs contrées. L’intermédiaire actif en sa faveur se nommait Ibn Rasûl. Ils tenaient leurs réunions à la mosquée de Barâthâ ; l’on craignit qu’ils ne fussent de connivence avec les Égyptiens, si bien qu’il fut ordonné de les mettre aux arrêts (1).
Au cours de la même année, Khutlugh conduisit une nouvelle fois les fidèles au ḥajj.
Parmi les notables décédés cette année-là :
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Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿUmar ibn Muḥammad ibn Ismâʿîl (2), Abû ʿAbd Allâh Ibn al-Akhaḍar, le traditionniste. Il avait entendu Abû ʿAlî Ibn Shâdhân. D’obédience Ẓâhirite, il multipliait la récitation du Coran, menait une conduite exemplaire, vivait détaché des biens d’ici-bas et se montrait satisfait de peu. Qu’Allâh – Très-Haut – lui fasse miséricorde.
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Le Ṣulayḥî (3) qui s’était emparé du Yémen : Abû al-Ḥasan ʿAlî ibn Muḥammad ibn ʿAlî, surnommé al-Ṣulayḥî. Son père, sunnite, avait exercé la fonction de qâḍî au Yémen. Lui-même reçut une solide instruction, excella dans de nombreux domaines, puis adopta le chiisme sur la doctrine des Qarmaṭa. Durant quinze ans, il fut préposé à la caravane du ḥajj. Sa renommée s’était largement répandue, au point qu’on disait qu’il finirait par régner sur le Yémen. Après sa mort, Najâḥ, seigneur du Tihâma, fit irruption au Yémen, s’empara de tout le pays en un temps très court, et la royauté lui fut pleinement acquise en l’an cinquante-cinq. Il fit proclamer la khuṭba au nom d’al-Mustanṣir l’ʿUbaydî, souverain d’Égypte. Cette année-là, il prit la route du pèlerinage avec deux mille cavaliers ; Saʿîd ibn Najâḥ lui tendit une embuscade à al-Mahjam avec un petit groupe d’hommes, le combattit et le tua, lui et son frère. Saʿîd ibn Najâḥ s’empara alors de son royaume et de ses trésors.
De la poésie d’al-Ṣulayḥî, citons ces vers :
A1 J’ai uni l’acier des Indes aux lances couleur d’or,
A2 Leurs têtes, dot sanglante, pleuvent telles pluies d’or ;
B1 Ainsi la gloire suprême n’accorde ses faveurs qu’encor
B2 Là où l’on répudie la vie dans un mortel effort. -
Muḥammad ibn al-Ḥusayn (4) ibn ʿAbd Allâh ibn Aḥmad ibn Yûsuf ibn al-Shibl (5), Abû ʿAlî, le poète bagdadien. Il transmit les ḥadiths avec chaîne d’autorité et composa une poésie raffinée, dont, notamment, ces vers :