Salīm al-Ḥawrī (1) — la nisba renvoie à un village, l’un des hameaux du Dujayl — était un adorateur assidu et un ascète. On rapporte qu’il vécut quelque temps en ne se sustentant chaque jour que d’une seule raisin sec. Il avait entendu le ḥadīth et on les lui récitait. Qu’Allāh, exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.
ʿAbd Allāh ibn Sabʿūn (2), Abū Muḥammad (3), le juriste mālikite de Kairouan, mourut à Bagdad et fut inhumé à Bāb Ḥarb.
Puis entra l’année quatre cent soixante-douze de l’Hégire.
Cette année-là, Ibrāhīm ibn Maḥmūd ibn Masʿūd ibn [Maḥmūd ibn] Subuktikīn, seigneur de Ghazna, s’empara de nombreuses forteresses puissamment défendues, puis regagna son pays sain et sauf, couvert de butin.
Au cours de la même année naquit l’émir Abū Jaʿfar, fils de l’imâm al-Muqtaḍī bi-Amr Allāh, et Bagdad fut décorée en son honneur.
Cette année encore, Mossoul passa sous l’autorité de Sayf ad-Dawla Muslim ibn Qurayš ibn Badrān al-ʿUqaylī, à la mort de son père.
La même année, Manṣūr ibn Marwān s’empara du pays de Diyār Bakr après son père.
Durant cette année, le sultan ordonna la noyade d’Ibn ʿAllān le Juif, fermier de l’impôt de Baṣra; il saisit dans ses trésors la somme de quatre cent mille dīnār, confia la ferme de Baṣra à Khumārtakīn pour cent mille dīnār et cent chevaux par an, fit cesser la khuṭba prononcée pour les Égyptiens à La Mecque et y fit proclamer celle en faveur d’al-Muqtaḍī ainsi que du sultan Malik Shāh le Seldjoukide.
[La même année, ʿUbayd Allāh ibn Niẓām al-Mulk conquit Tikrīt, et le pèlerinage fut conduit par Khutlugh le Turc] (4).
Parmi les notables décédés cette année-là figure ʿAbd al-Malik ibn al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn Khayrān (5), Abū Naṣr (6) : il recueillit un grand nombre de ḥadiths, fut un ascète, un adorateur, jeûnait continuellement et achevait la récitation complète du Coran chaque nuit. Qu’Allāh lui fasse miséricorde.