Se tenant ensuite en retraite dans une cellule de la mosquée ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, il s’y maintint jusqu’à sa mort, comme nous l’avons relaté (1).
Il rassembla ses « Taʿlīq » de grammaire en près de quinze volumes ; ses disciples – tels Ibn Barrī (2) et d’autres – les citaient, en profitaient, et les nommaient « Taʿlīqat al-Ghurfa ».
ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ibn Aḥmad ibn al-Mujammiʿ ibn Muḥammad ibn Baḥr ibn Maʿbad ibn Hazārmard (3), Abū Muḥammad al-Ṣarīfīnī, connu sous le nom d’Ibn al-Muʿallim, était l’un des maîtres du ḥadith dotés de chaînes d’autorité complètes et réputées. À la faveur de sa longue vie, il demeura le seul transmetteur de plusieurs shuyūkh et fut le dernier à rapporter les « Jaʿdiyyāt » d’après Ibn Ḥabāba, lui-même les tenant d’Abū al-Qāsim al-Baghawī, d’après ʿAlī ibn al-Jaʿd ; c’est de son audition que nous les possédons. Les gens entreprenaient le voyage jusqu’à lui pour cette raison, et nombre de ḥuffāẓ reçurent de lui, parmi lesquels al-Ḥāfiẓ Abū Bakr al-Khaṭīb. Il était fiable, de conduite louée. Il mourut à Ṣarīfīn (4), en Jumādā al-Ūlā de cette année, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Ḥayyān ibn Khalaf ibn Ḥusayn ibn Ḥayyān ibn Wahb ibn Ḥayyān (5), Abū Marwān al-Qurṭubī, affranchi des Banū Umayya, est l’auteur de l’« Histoire du Maghreb » (6) en soixante volumes. Al-Ḥāfiẓ Abū ʿAlī al-Ghassānī le loua pour son éloquence, sa véracité et sa rhétorique, et déclara – l’ayant entendu dire : « Présenter ses félicitations après trois jours, c’est manquer à l’amitié ; présenter des condoléances au-delà de ce délai, c’est attiser le malheur. » Ibn Khallikān rapporte qu’il mourut en Rabīʿ al-Awwal de la même année. Quelqu’un le vit en rêve et, l’interrogeant sur son sort, il répondit : « Qu’Allah me pardonne ; quant à mon Histoire, je m’en suis repenti, mais Allah, par Sa grâce, m’a relevé et m’a absous. »