Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au cours de la même année :
Le gouverneur de Damas, al-Aqsiṣ, mit le siège devant l’Égypte, oppressant son souverain al-Mustanṣir bi-Llah, puis se replia vers Damas ; quant au pèlerinage, il fut conduit, cette année-là, par Khatlagh le Turc, détenteur du fief de Koufa.

Parmi les notables décédés durant cette année se trouvent :

– Isbahdoust ibn Muḥammad ibn al-Ḥasan, Abū Manṣūr al-Daylamī, le poète. Il côtoya Abū ʿAbd Allāh ibn al-Ḥajjāj, ʿAbd al-ʿAzīz ibn Nubāta et d’autres poètes. D’abord chiite, il se repentit et composa à cette occasion une qasida dont voici quelques vers :

Si l’on m’interroge sur ma foi, je réponds : / Celle qu’ont suivie les voies des justes
Le meilleur des hommes, après Muḥammad, / Est son Véridique, son compagnon de la grotte, des plus justes
Puis viennent, après lui, les trois maîtres de l’univers ; / Nobles seigneurs, sublimes et purs
Tel est mon dogme : j’en attends, / Mon salut et ma délivrance du feu, grâce à ces purs

– Ṭāhir ibn Aḥmad ibn Bābshādh, Abū al-Ḥasan al-Baṣrī, le grammairien : il chuta du toit de la mosquée ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, au Caire, et mourut sur-le-champ, au mois de Rajab de cette année.

Le qāḍī Ibn Khallikān dit : « On ne connut personne de son égal ; il était en Égypte l’imam de son temps en grammaire. Il laissa, dans cette discipline, des ouvrages précieux tels que sa “Muqaddima”, son commentaire, ainsi que le “Sharḥ al-Jumal” du Zajjājī.

« Sa fonction, en Égypte, voulait qu’aucune dépêche ne fût rédigée au Dīwān al-Inshāʾ sans lui être d’abord soumise ; il en corrigeait les imperfections, puis elle était expédiée à son destinataire. Pour ce travail, il percevait un traitement fixe et honorable.

« Il advint qu’un jour, tandis qu’il prenait un repas avec quelques compagnons, un chat s’approcha. Ils lui lancèrent un morceau ; l’animal le saisit et partit promptement. Il revint ; ils lui jetèrent encore quelque chose, et il partit de nouveau ; puis il revint une troisième fois. Comprenant qu’il ne pouvait manger tout cela, ils le suivirent ; ils virent alors qu’il portait la nourriture à un autre chat, aveugle, sur un toit voisin. Ils s’en étonnèrent.

« Le shaykh déclara : “Gloire à Allah ! Voici une bête muette à qui Allah a acheminé sa subsistance par l’intermédiaire d’autrui ; ne pourvoirait-Il pas aussi à ma subsistance, moi qui suis Son serviteur et L’adore ?” Il abandonna alors son traitement, rassembla ses notes et se consacra entièrement à l’adoration et à l’étude. »

(1) Al-Muntaẓim (8/308), Al-Kāmil fī al-Tārīkh (10/106), et dans (ṭ) Asfahdūst. (2) Al-Muntaẓim (8/309), Al-Kāmil fī al-Tārīkh (10/106), Wafayāt al-Aʿyān (2/515), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (18/439), Al-Wāfī bil-Wafayāt (16/390), Al-Nujūm al-Zāhira (5/105), Shadharāt al-Dhahab (3/333). Ibn Khallikān a dit : « Wa Bābashādh », deux alifs unies entre elles par un alif suivi d’un shīn muʿajjam, puis après la deuxième alif un dhāl muʿajjam. C’est un mot non arabe qui exprime la joie et le bonheur.
فيها: حاصر الأقسيس صاحب دمشق مصر، وضيّق على صاحبها المستنصر باللَّه ثمّ كرّ راجعًا إلى دمشق، وحجّ بالناس في هذه السنة ختلغ التركي مقطع الكوفة. [وممن توفي فيها من الأعيان] اسبهدوست بن محمد بن الحسن (١) أبو منصور الدّيلميّ الشاعر. لقي أبا عبد اللَّه بن الحجاج، وعبد العزيز بن نُباتة وغيرَهما من الشعراء. وكان شيعيًّا فتاب، وقال قصيدة في ذلك، منها: وإذا سئلتُ عن اعتقادي قلتُ ما … كانتْ عليه مذاهبُ الأبرارِ وأقولُ خيرُ النّاسِ بعدَ محمّدٍ … صدِّيقُهُ وأنيسُهُ في الغارِ ثمَّ الثلاثةُ بعدَهُ خيرُ الوَرَى … أكرمْ بهمْ من سادةٍ أطْهارِ هذا اعتقادي والذي أرجُو بِهِ … فوزي وعتقِي من عذابِ النّارِ طاهر بن أحمد بن بابشاذ (٢) أبو الحسن البَصرِي النَّحوي، سقط من سطح جامع عمرو بن العاص، الذي بمصر، فمات من ساعته، وذلك في رجب من هذه السنة. قال القاضي ابن خلِّكان: لم يوجد مثله، كان بمصر إمام عصره في النحو، وله المصنفات المفيدة من ذلك "مقدمته" وشرحها و "شرح الجمل" [للزجاجي] . قال: وكانت وظيفته بمصر أنَّه لا تكتب الرسائل في ديوان الإنشاء إلا عُرضت عليه، فيُصْلح منها ما فيه خلل، ثمّ تنفَّذ إلى الجهة التي عيِّنت لها، وكان له على ذلك معلوم، وراتب جيّد، قال: فاتفق أنّه كان يأكل يومًا مع بعض أصحابه طعامًا، فجاءه قطّ، فرموا له شيئًا، فأخذه وذهب سريعًا، ثمّ أقبل فرموا له شيئًا أيضًا، فانطلق به سريعًا، ثمّ جاء، فرموا له شيئًا أيضًا، فعلموا أنّه لا يأكل هذا كلّه، فتتبعوه، فإذا هو يذهب به إلى قط آخر أعمى في سطح هناك، فتعجّبوا من ذلك، فقال الشيخ: يا سبحان اللَّه! هذا حيوان بَهيم، قد ساق اللَّه إليه رزقه على يد غيره، أفلا يرزقني وأنا عبده وأعبده، ثمّ ترك ما كان له من الراتب، وجمع حواشيه [وأقبل على العبادة] والاشتغال
(١) المنتظم (٨/ ٣٠٨)، الكامل في التاريخ (١٠/ ١٠٦)، وفي (ط) اسفهدوست. (٢) المنتظم (٨/ ٣٠٩)، الكامل في التاريخ (١٠/ ١٠٦)، وفيات الأعيان (٢/ ٥١٥)، سير أعلام النبلاء (١٨/ ٤٣٩)، الوافي بالوفيات (١٦/ ٣٩٠)، النجوم الزاهرة (٥/ ١٠٥)، شذرات الذهب (٣/ ٣٣٣). قال ابن خلّكان: وبابشاذ، ببائين موحدتين بينهما ألف ثم شين معجمة، وبعد الألف الثانية ذال معجمة، وهي كلمة عجمية تتضمن الفرح والسرور.

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