Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Je me plains des morsures de tes boucles cruelles ;
Sur tes joues leurs scorpions scintillent tels d’étoiles nouvelles.
Je pleure sur les perles de ton radieux sourire ;
Moi qui ai un père, comment l’orphelin pourrait-il encore sourire ?

[Puis commença l’année quatre cent soixante-huit de l’Hégire]

Ibn al-Jawzî (1) rapporte : « En Sha‘bân, un vol de sauterelles, aussi innombrables que le sable et les cailloux, s’abattit ; il dévora les récoltes, porta préjudice à la majorité des gens, qui souffrirent de la faim. Les habitants moulurent alors les gousses de caroubier (2) avec la farine de millet et s’en nourrirent ; la peste survint ensuite. Puis Allah — exalté soit-Il — empêcha les sauterelles de ravager ; elles passaient sans nuire, et les prix baissèrent. »
Il ajouta : « Une cherté extrême frappa Damas et se prolongea trois ans. »

Au cours de la même année, Naṣr ibn Maḥmûd ibn Ṣāliḥ ibn Mirdâs s’empara de la ville de Manbij et en expulsa les Byzantins.

Cette année encore, al-Aqsîs s’empara de Damas ; il en chassa al-Mu‘allâ ibn Ḥaydarah, lieutenant du fâtimide al-Mustanṣir, vers la ville de Naplouse. Il y fit prononcer la khuṭbah au nom d’al-Muqtadî et supprima celle des Égyptiens, suppression qui demeure jusqu’à présent. C’était en Dhû l-Qa‘dah de cette année-là. Al-Mustanṣir fit alors convoquer son lieutenant, le retint prisonnier jusqu’à ce qu’il mourût en geôle — louange à Allah.

Je dis : Ce « Aqsîs » est Atsiz ibn ʿAwq al-Khwârizmî, surnommé al-Malik al-Muʿaẓẓam. Il fut le premier à reprendre le Šâm aux Fâṭimides. Il supprima du adhân la formule « ḥayya ʿalâ khayri l-ʿamal », laquelle retentissait du haut des minbars de Damas et de tout le Šâm depuis cent six ans. Aux portes des grandes mosquées et des oratoires on lisait : « malédiction sur les Compagnons (– qu'Allah soit satisfait d'elle –) » ; il ordonna donc aux muezzins et aux prédicateurs d’implorer la grâce pour tous les Compagnons, répandit la justice et fit triompher la Sunna. Il fut également le premier à fonder la citadelle de Damas, car il n’y avait auparavant aucun refuge où les musulmans pussent se retrancher face à l’ennemi. Il l’édifia à l’emplacement qu’elle occupe encore aujourd’hui, près de la porte de la ville appelée Bâb al-Ḥadîd, en face de la demeure de Riḍwân. Les travaux débutèrent l’année suivante, mais ce fut al-Malik al-Muẓaffar Tutush ibn Alp Arslan le Seldjouqide qui les acheva (3).

Cette année-là, le pèlerinage fut dirigé par le « concessionnaire » de Kūfa, l’émir as-Sukaynî Ḫutlugh at-Tafkîn, d’origine turque, surnommé al-Ṭawîl. Il avait auparavant dispersé et soumis la tribu de Khafâjah. N’emmenant avec lui que seize Turcs, il parvint sain et sauf à La Mecque. Lorsqu’il s’installa dans l’une de ses demeures, quelques esclaves l’attaquèrent ; il leur infligea un carnage terrible et les mit en fuite avec fracas.

(1) Al-Muntaẓam (8/297). (2) « Kharroûb » : un arbre fruitier de la famille des Cæsalpinioideæ, dont les fruits sont des gousses sucrées comestibles et qui servent de fourrage pour le bétail, et dont on tire également du sirop. (3) De sa parole : « J’ai dit : ce qu'il a dit... » jusqu’ici est omis dans la source (A). (4) Dans la version (T), il est altéré en : « Janfal ». Sa traduction sera donnée dans cette partie.
وإني لأشكو لَسْعَ أصداغك التي … عقاربُها في وَجْنَتيك نجومُ وأبكي لدرِّ الثغرِ منكَ ولي أبٌ … فكيف يُديمُ الضحكَ وهو يتيمُ [ثم دخلت سنة ثمان وستين وأربعمئة] قال ابن الجوزي (١) : جاء جراد في شعبان بعدد الرّمل والحصا، فأكل الغلات، وآذى أكثر الناس، وجاعوا فطحن الناس الخرّوب (٢) بدقيق الدخن فأكلوه، فوقع الوَباء، ثمّ منع اللَّه تعالى الجراد من الفساد، فكان يمرّ ولا يضرّ، فرخصت الأسعار. قال: ووقع غلاء شديد بدمشق، واستمرّ ثلاث سنين. وفيها: ملك نصر بن محمود بن صالح بن مرداس مدينة منبج، وأجلى عنها الروم. وفي هذه السنة: ملك الأقسيس مدينة دمشق، وهزم عنها المعلَّى بن حيدرة نائب المستنصر العُبيدي إلى مدينة نابلس، وخطب فيها للمقتدي، وقطعت خطبة المصريين عنها إلى الآن، وذلك في ذي القعدة في هذه السنة، فاستدعى المستنصر نائبه فحبسه عنده إلى أن مات في السجن، وللَّه الحمد. قلت: الإقسيس هذا هو أتسز بن أوف الخوارزمي، ويلقّب بالملك المعظم، وهو أول من استعاد بلاد الشام من أيدي الفاطميين، وأزال الأذان منها بحيّ على خير العمل، بعد أن كان يؤذَّن به على منابر دمشق، وسائر الشام مئة وست سنين، كان على أبواب الجوامع والمساجد مكتوب لعنة الصحابة (رضي الله عنها) ، فأمر المؤذِّنين والخطباء أن يترضَّوا عن الصحابة أجمعين، ونشر العدل وأظهر السنة وهو أول من أسس القلعة بدمشق، ولم يكن فيها قبل ذلك معقل يلتجئ إليه المسلمون من العدوّ، فبناها في محلتها هذه التي هي فيها اليوم، وكان موضعها بباب البلد، يقال له: باب الحديد، وهو تجاه دار رضوان منها، وكان ابتداء ذلك في السنة الآتية، وإنّما أكملها بعده الملك المظفر تتش بن ألْب آرْسلان السلجوقي كما سيأتي بيانه (٣) . وحجّ بالناس في هذه السنة مُقْطَع الكوفة، وهو الأمير السكيني ختلغ (٤) التفكين التركي، ويعرف بالطويل، وكان قد شرّد خفاجة في البلاد وقهرهم، ولم يصحب معه سوى ستة عشر تركيًّا، فوصل سالمًا إلى مكّة، ولمّا نزل ببعض دورها كبسه بعض العبيد، فقتل فيهم مقتلة عظيمة، وهزمهم هزيمة شنيعة،
(١) المنتظم (٨/ ٢٩٧). (٢) "الخَرّوب": شجر مثمر من الفصيلة القرنية، ثماره قرون سكرية تؤكل وتعلفها الماشية، ويتخذ منها دبس. (٣) من قوله: قلت الإقسيس هذا. . إلى هنا ساقط من (أ). (٤) تحرف في (ط) إلى: جنفل. وسترد ترجمته في هذا الجزء.

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