Au cours de ce mois, les habitants du Sawâd prirent la fuite, terrifiés par la violence de l’épidémie et par la raréfaction des eaux du Tigre, dont le niveau avait notablement baissé.
Le pèlerinage fut dirigé par le chérif Abû Tâlib al-Ḥusayn ibn Muḥammad az-Zaynabî, qui recueillit, dans les deux Sanctuaires, l’allégeance au calife al-Muqtadî.
Parmi les notables décédés cette année figurent :
– le calife al-Qâʾim bi-Amri Llâh (1), dont nous avons déjà évoqué la biographie lors de son décès ;
– ad-Dâʾûdî (2), transmetteur du Ṣaḥîḥ al-Bukhârî, ʿAbd ar-Raḥmân ibn Muḥammad ibn al-Muẓaffar ibn Muḥammad ibn Dâwûd, Abû l-Ḥasan (3) fils d’Abû Ṭalḥa ad-Dâʾûdî.
Né en 374 H, il entendit un grand nombre de traditions, étudia le fiqh auprès du shaykh Abû Ḥâmid al-Isfarâ’înî et d’Abû Bakr al-Qaffâl, fréquenta Abû ʿAlî al-Qâq et Abû ʿAbd ar-Raḥmân as-Sulamî. Il écrivit abondamment, enseigna, émit des avis juridiques, composa des ouvrages et exhorta les gens. Doué d’un talent éminent tant en prose qu’en poésie, il était en outre assidu au rappel : sa langue ne cessait d’invoquer Allâh, – exalté soit-Il. Le vizir Niẓâm al-Mulk vint un jour le visiter et s’assit devant lui. Le shaykh lui dit alors : « Allâh t’a donné pouvoir sur Ses serviteurs ; vois donc quelle réponse tu Lui feras lorsqu’Il t’interrogera à leur sujet. » Il mourut cette année-là à Bûshanj (4), âgé de plus de quatre-vingt-dix ans.
Parmi ses beaux vers, citons :
Autrefois la réunion des hommes répandait la clarté ;
Cette clarté s’est éteinte : où donc est la clarté ?
Les gens et l’époque ensemble sont tombés dans le malheur ;
Aux gens et au temps, paix : qu’ils demeurent dans leur malheur.
– Abû l-Ḥasan ʿAlî ibn al-Ḥasan ibn ʿAlî ibn Abî Ṭayyib al-Bâkhurzî (5), le célèbre poète. Il débuta dans les sciences auprès d’Abû Muḥammad al-Juwaynî, puis se consacra à la chancellerie et à la poésie, dans lesquelles il surpassa ses pairs. Il a laissé un dîwân d’une qualité et d’une facture remarquables ; parmi ses vers, on rapporte :