Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le corps fut lavé par le noble chérif Abû Jaʿfar ibn Mûsâ, de rite hanbalite, conformément au testament laissé par le calife. On présenta alors au chérif Abû Jaʿfar le mobilier et les richesses qui se trouvaient là, mais il n’en accepta rien. La prière funéraire fut célébrée pour le calife ; il fut inhumé auprès de ses ancêtres, puis transféré à ar-Raṣâfa, et sa tombe est, jusqu’à ce jour, l’objet de visites.

[À l’annonce de son décès, les marchés furent fermés, des étoffes de deuil furent suspendues ; les femmes des Hachémites et d’autres encore entonnèrent des lamentations. Le vizir Ibn Jahîr et son fils s’assirent à même le sol pour recevoir les condoléances, et la population déchira ses vêtements ; ce fut une journée éprouvante, et cet état de deuil se prolongea trois jours.]

Il comptait parmi les meilleurs descendants d’al-ʿAbbâs – par sa piété, sa croyance et son administration. Cependant, la sédition d’al-Basâsîrî l’éprouva : il dut quitter sa demeure, se séparer de son épouse et de ses enfants, et séjourna une année entière à Ḥadîthat ʿÂna. Puis Allah lui rendit Sa grâce et lui restitua le califat, ainsi que l’a dit le poète :
Au matin, Dieu leur rendit Sa grâce et leur honneur ;
Ils sont Quraysh, nul mortel n’égale leur honneur.

[Il avait en cela un précédent vertueux, comme le Très-Haut l’affirme : « Nous éprouvâmes certes Sulaymân, et Nous plaçâmes sur son trône un corps ; puis il se repentit » (Sâd, 34). Nous avons résumé ailleurs les propos des exégètes sur la sourate Sâd et développé cette question dans le présent récit abbasside relatif à la sédition basasirienne, aux années 450 et 451 de l’Hégire.]

Le califat d’al-Muqtadî bi-Amri Llâh

Il s’agit d’Abû al-Qâsim ʿUddat ad-Dîn ʿAbd Allâh, fils de l’émir Dakhîrat ad-Dîn Muḥammad, fils du calife al-Qâʾim bi-Amri Llâh ʿAbd Allâh ibn al-Qâdir al-ʿAbbâsî. Sa mère, une Arménienne nommée Arjawân, surnommée Qurrat al-ʿAyn, vécut assez longtemps pour voir le califat de son fils, puis celui de ses deux petits-fils, al-Mustazhir et al-Musta rshid.

[Son père étant décédé alors qu’il se trouvait encore dans le ventre de sa mère, sa naissance – en tant que garçon – causa une joie immense à son grand-père et à l’ensemble des musulmans : Allah avait ainsi préservé la permanence du califat dans la maison qâdiride. Les autres parents du calife se comportaient sans retenue dans les marchés et se mêlaient à la populace, de sorte que les cœurs répugnaient à les voir gouverner. Le jeune enfant grandit donc dans le giron de son grand-père al-Qâʾim bi-Amri Llâh, qui l’éleva comme il convient à son rang et l’exerça aux meilleures vertus – louange à Allah.]

Al-Muqtadî avait vingt ans lorsqu’il accéda au califat. Il était d’une beauté accomplie, tant par le physique que par le caractère. La bayʿa eut lieu le vendredi treize Shaʿbân de cette année : il s’assit dans la Dâr ach-Shajara, vêtu d’une chemise blanche, d’un turban blanc léger et d’un mantelet de toile fine d’Andarîn. Les vizirs, les émirs, les chérifs et les notables se présentèrent pour prêter serment ; le premier à lui donner la bayʿa fut le chérif (1) Abû Jaʿfar ibn Abî Mûsâ, de rite hanbalite, qui lui récita ces vers :

(1) Dans certains manuscrits : « après al-Charīf », ce qui n’est pas correct, d’où le choix de l’abréviation (ṭ).
وغسّله الشريف أبو جعفر بن موسى الحنبلي، عن وصيّة الخليفة بذلك. فعُرض على الشريف أبي جعفر ما هنالك من الأثاث والأموال فلم يقبل منه شيئًا، وصُلِّي على الخليفة، ودفن عند أجداده، ثمّ نقل إلى الرَّصافة، فقبره يزار إلى الآن [وغُلِّقت الأسواق لموته، وعلِّقت المسوح، وناحت عليه نساء الهاشميين وغيرهم، وجلس الوزير ابن جَهِير وابنه للعزاء على الأرض وخرق الناس ثيابهم، وكان يومًا عصيبًا، واستمرّ الحال كذلك ثلاثة أيام] . وقد كان من خيار بني العبّاس، دينًا، واعتقادًا، ودَولةً، وقد امتحن من بينهم بفتنة البساسيري التي اقتضت إخراجه من داره، ومفارقة أهله وأولاده، فأقام بحديثة عانة سنة كاملة، ثمَّ أعاد اللَّه نعمته عليه، وخلافته إليه، كما قال الشاعر: فأصبحوا قد أعاد اللَّه نعمتَهم … إذ هم قريش، وإذْ ما مثلهم بشر [وقد تقدم له في ذلك سلف صالح كما قال تعالى: ﴿وَلَقَدْ فَتَنَّا سُلَيْمَانَ وَأَلْقَيْنَا عَلَى كُرْسِيِّهِ جَسَدًا ثُمَّ أَنَابَ﴾ [ص: ٣٤] وقد ذكرنا ملخّص ما ذكره المفسّرون في سورة "ص" ، وبسطنا الكلام عليه في هذه القصّة العباسيّة، والفتنة البساسيرية، في سنة خمسين، وإحدى وخمسين وأربعمئة]. خلافة المقتدي بأمر اللَّه وهو أبو القاسم عدّة الدين عبد اللَّه ابن الأمير ذخيرة الدّين محمد ابن الخليفة القائم بأمر اللَّه عبد اللَّه بن القادر العباسي، وأف أرمنيّة، واسمها أرجوان، وتدعى قرّة العين، أدركت خلافة ولدها هذا، وخلافة ولديه من بعده، المستظهر، والمسترشد، [وقد كان أبوه توفي وهو في الحمل، فحين ولد ذكرًا، فرح به جدُّه والمسلمون فرحًا شديدًا، إذ حفظ اللَّه على المسلمين بقاء الخلافة في البيت القادري، لأن من عداهم كانوا يتبذلون في الأسواق، ويختلطون مع العوام، وكانت القلوب تنفر من تولية أولئك الخلافة على الناس، ونشأ هذا في حجر جدّه القائم بأمر اللَّه، يربِّيه بما يليق بأمثاله، ويدرّبه على أحسن السجايا، وللَّه الحمد] . وكان عمر المقتدي حين ولي الخلافة عشرين سنة، وهو في غاية الجمال خَلفًا وخُلُقًا، وكانت بيعته يوم الجمعة الثالث عشر من شعبان من هذه السنة، جلس في دار الشجرة بقميص أبيض، وعمامة بيضاء [لطيفة، وطرحة قصب أدرية] وجاء الوزراء والأمراء، والأشراف ووجوه الناس، فبايعوه، فكان أول من بايعه الشريف (١) أبو جعفر بن أبي موسى الحنبلي، وأنشده قول الشاعر:
(١) في بعض النسخ: "بعد الشريف"، ولا يصح، ومن هنا من (ط).

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