– al-Māwardiyya :
Ibn al-Jawzī rapporte (1) qu’il s’agissait d’une vieille femme pieuse originaire de Baṣra, à l’exemple de laquelle les femmes s’exhortaient. Elle savait écrire et lire, et vécut cinquante années sans rompre le jeûne durant le jour ni dormir la nuit. Elle se nourrissait de pain de fèves, mangeait des figues sèches – non fraîches – ainsi qu’une modeste quantité de raisin et de raisin sec ; il lui arrivait parfois de consommer un peu de viande. Lorsqu’elle mourut, toute la ville suivit son cortège funèbre et elle fut inhumée dans le cimetière des vertueux.
[Commence ensuite l’année 467 H.]
Au mois de Ṣafar, le calife al-Qāʾim bi-Amri Llâh tomba gravement malade ; [sa gorge s’enfla et il refusa la saignée, jusqu’à ce que le vizir Fakhr ad-Dawla insiste longuement auprès de lui]. On finit par le saigner, l’état s’améliora, [les gens, très alarmés,] se réjouirent de son rétablissement.
Dans ce même mois survint une crue considérable, [qui éprouva durement la population ; la plupart des bâtiments de Bagdad n’avaient pas encore été relevés de la précédente inondation, si bien que les habitants se réfugièrent dans la steppe et s’assirent au sommet des collines sous la pluie. Un terrible fléau frappa également ar-Raḥba] où périrent près de dix mille personnes, et il en alla de même à Wāsiṭ, Baṣra, Khūzistān, en Khurāsān et dans d’autres régions.
Description du décès du calife al-Qāʾim bi-Amri Llâh
Le dernier jour de Rajab, il fut saigné pour des hémorroïdes dont il souffrait depuis l’année de l’inondation. Il s’endormit ensuite ; la plaie se rouvrit, et, à son réveil, ses forces l’ayant quitté, on désespéra de sa guérison. Il fit alors appeler son petit-fils, son successeur désigné, ʿAdud ad-Dīn Abû l-Qāsim ʿAbd Allâh ibn Muḥammad ibn al-Qāʾim, convoqua le qāḍī et les naqîbs, et les fit témoigner de nouveau de son investiture comme héritier ; ils en attestèrent. Il mourut ensuite à la mi-Shaʿbân, à l’âge de soixante-quatorze (2) ans et demi. Son califat dura quarante-quatre ans et demi (3), durée qu’aucun Abbasside avant lui n’avait atteinte. Le règne de son père, avant lui, avait dépassé quarante ans ; la durée cumulée de leurs deux califats atteint donc quatre-vingt-cinq ans et demi, soit presque la durée totale du règne des Umayyades.
Al-Qāʾim bi-Amri Llâh était beau, au visage agréable, de teint blanc légèrement [rosé] ; il était éloquent, pieux, ascète, homme de lettres, calligraphe et orateur. Un extrait de sa poésie composée à Ḥadīthat ʿĀnah, en l’an cinquante, a déjà été cité. Il était juste et très bienfaisant envers les gens. Qu’Allâh, Exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.