Ibn Khallikân (1) cita quelques-uns de ses poèmes et fit son éloge dans cet art ; – Dieu est plus savant de sa véritable condition].
Muḥammad ibn ʿAlî ibn Muḥammad ibn ʿUbayd Allâh (2) ibn ʿAbd aṣ-Ṣamad ibn al-Muhtadî bi-llâh (3), Abû l-Ḥusayn, plus connu sous le nom d’Ibn al-Gharîq (4).
Il naquit en l’an trois-cent-soixante-dix. Il entendit ad-Dâraqutnî, dont il fut le tout dernier transmetteur en ce monde, ainsi qu’Ibn Shâhîn – dont il demeura l’unique rapporteur – et il reçut également de nombreux autres maîtres.
Homme digne de confiance, pieux, multipliant prières et jeûnes, on le surnommait « le moine des Banû Hâshim ». Il était d’une science et d’une intelligence abondantes, assidu à la récitation, au cœur sensible ; les étudiants affluaient vers lui depuis les contrées lointaines. Sa ouïe s’alourdit ensuite ; il continuait toutefois à faire la lecture au peuple, et il perdit l’un de ses yeux. Il prononça la khuṭba à l’âge de seize ans, témoigna devant les juges [en 406 H], assuma la magistrature en 409 H, fut prédicateur à la grande mosquée al-Manṣûr et à celle de ar-Ruṣâfa durant soixante-seize ans, et exerça la fonction de qâḍî cinquante-six ans. Il mourut le dernier jour de Dhû l-Qaʿda de cette année, ayant dépassé quatre-vingt-dix ans. Le jour de sa prière funèbre fut particulièrement mémorable, et l’on rapporta au sujet de son trépas d’heureux songes.
Puis, au mois de Ṣafar de l’an quatre-cent-soixante-six, le calife tint une audience publique ; [à ses côtés se tenait son petit-fils, l’émir ʿUdda ad-Dîn Abû l-Qâsim ʿAbd Allâh (5)], âgé alors de dix-huit ans [d’une beauté remarquable, tandis que les émirs et notables assistaient à la cérémonie]. De sa propre main, le calife remit l’étendard au sultan Malik Shâh ; [l’affluence fut considérable ce jour-là, et les gens s’adressèrent mutuellement des félicitations pour leur salut]. Ce fut un jour resté fameux.
[Description du déluge de Bagdad cette année-là] Au mois de Jumâdâ l-Âkhira une pluie diluvienne s’abattit, accompagnée d’un torrent puissant. Le Tigre monta au point d’engloutir une grande partie de Bagdad, l’inondation atteignant même la Dâr al-Khilâfa. Les servantes sortirent le visage découvert [sans leurs voiles] jusqu’à gagner la rive occidentale ; le calife s’enfuit de sa séance sans trouver de voie praticable, si bien que quelques serviteurs le transportèrent jusqu’au Tâj,