Une vaste partie du quartier d’al-Karkh fut la proie des flammes ; le gouverneur se vengea alors pour les habitants d’al-Karkh sur les gens de Bâb al-Baṣrah et les autres, et leur confisqua de grandes sommes de leurs biens, en châtiment de ce qu’ils avaient fait.
Durant la même année :
– l’autorité abbasside fut proclamée à Bayt al-Maqdis ;
– le seigneur de Samarcande, [Muḥammad] Altikin, s’empara de la cité de Termez ;
– le pèlerinage fut dirigé par Abû al-Ghanâ’im al-‘Alawî – et Dieu est plus savant.
Parmi les notables décédés cette année figure le sultan Alp Arslân (1), surnommé « Sultan du monde », fils de Chaghri Beg (2) Dâwud ibn Mîkâ’îl ibn Saljûq ibn Tuqâq (3) le Turc, maître de vastes royaumes.
Après la mort de son oncle Ṭughrul-Beg, il régna sept ans, six mois et quelques jours. Il était juste, menait les gens selon une conduite exemplaire, généreux, clément, compatissant envers ses sujets, bienveillant envers les pauvres, dévoué à sa famille, à ses compagnons et à ses mamlouks. Il multipliait les invocations afin que se perpétuent sur lui les bienfaits dont Dieu l’avait comblé et faisait beaucoup d’aumônes : il distribuait chaque Ramadan quinze mille dinars. On ne signale, sous son règne, ni injustice ni confiscation ; il se contentait, par égard pour ses administrés, de percevoir l’impôt foncier en deux versements.
Des délateurs lui écrivirent au sujet de Niẓâm al-Mulk [son vizir, mentionnant ce qu’il possédait dans ses provinces] ; il le convoqua et lui dit : « Si cela est vrai, rectifie ton caractère et améliore ta conduite ; si cela est faux, pardonne-leur leur faute en les occupant à une tâche qui les détournera de la délation contre les gens. »
Il veillait scrupuleusement à la préservation des biens de ses sujets : ayant appris qu’un de ses pages avait dérobé un pagne à l’un des marchands, il le fit crucifier ; tous les autres esclaves furent ainsi dissuadés par la crainte de sa fermeté.
Il laissa pour enfants : Malik Shâh, qui lui succéda, Iyyâz, Takach (4), Bûrî Bars, Arslan, Arghu, Sâra, ‘Â’isha et une autre fille. Il mourut cette année-là, à l’âge de quarante et un ans, et fut inhumé auprès de son père à Rayy. Qu’Allâh – Très-Haut – lui fasse miséricorde.