Parmi ceux qui portèrent le cheikh Abû Isḥâq aš-Šîrâzî, on l’inhuma auprès de Bishr al-Ḥâfî, dans la tombe d’un homme qui l’avait préparée pour lui-même. On pria ce dernier de la céder au Ḫaṭîb, mais son âme s’en montra avare,
jusqu’à ce qu’un des présents lui déclarât :
— Par Allâh ! Si toi et le Ḫaṭîb étiez présentés à Bishr, lequel de vous deux siégerait à ses côtés ?
Il répondit :
— Le Ḫaṭîb.
On lui dit alors :
— Cède-la-lui, donc.
Il la lui offrit, si bien qu’on y enterra le Ḫaṭîb — qu’Allâh lui fasse miséricorde — et que l’on honora son sépulcre.
À son sujet, on récite les vers suivants :
« Tu n’as cessé de t’employer à l’Histoire avec assiduité,
Jusqu’à ce que je te voie, toi-même, inscrit dans l’Histoire. »
Ibn Ḫallikân rapporte, d’après as-Samʿânî, qu’il décéda en Šawwâl (1), qu’il distribua en aumône l’intégralité de ses biens et constitua sa bibliothèque en waqf — qu’Allâh lui fasse miséricorde — (2).
Ḥassân ibn Saʿîd ibn Ḥassân ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿAbd Allâh ibn Muḥammad ibn Manîʿ ibn Ḫâlid ibn ʿAbd ar-Raḥmân ibn Ḫâlid ibn al-Walîd al-Maḫzûmî al-Manîʿî (3).
Dans sa jeunesse, il alliait l’ascèse au commerce, si bien qu’il domina les notables de son temps ; puis il abandonna cela pour se consacrer à l’adoration, à la renonciation, à la bienfaisance, au maintien des liens familiaux, à l’aumône, à la générosité envers les créatures et à la construction de mosquées et de ribâṭs. Le sultan venait le voir et recherchait la bénédiction auprès de lui. Lorsque survint la cherté, il préparait chaque jour quantité de pain et de nourriture qu’il distribuait. Chaque année, il revêtait d’habits, de tuniques et de fourrures près d’un millier de personnes, ainsi que les veuves et d’autres femmes ; il dotait les filles des pauvres orphelins. Il supprima nombre de taxes et de charges fiscales imposées à Naysâbûr et à ses villages, tout en menant une vie de la plus grande simplicité, vêtu de haillons (4). Il demeura ainsi jusqu’à son décès dans la localité de Marw ar-Rûḏ cette même année ; qu’Allâh l’enveloppe de Sa miséricorde. Âmîn.
Muḥammad ibn al-Ḥasan ibn Ḥamzah (5), Abû ʿAlî al-Jaʿfarî, le juriste des chiites en son époque.
Muḥammad ibn Wišâḥ ibn ʿAbd Allâh (6), Abû ʿAlî, client d’Abû Tammâm Muḥammad ibn ʿAlî ibn al-Ḥasan az-Zaynabî. Il entendit le ḥadîth, était homme de lettres et poète, et servit de secrétaire au naqîb an-nuqabâ’ al-Kâmil. On le disait affilié au muʿtazilisme et au rafḍ, et, parmi ses vers :