dans toutes ses parties. Or il advint qu’un jour il récita les Mérites d’al-ʿAbbās ; aussitôt les Râfiḍites et les partisans des Fâṭimides se dressèrent contre lui et voulurent l’assassiner. Il se plaça alors sous la protection du šarîf az-Zaynabî (1), qui lui accorda son sauf-conduit ; la demeure de ce dernier se trouvait dans la maison des ʿAqîqî.
Il quitta ensuite Damas, se fixa dans la ville de Ṣûr, et copia de sa propre main une grande partie des ouvrages d’Abû ʿAbd Allâh aṣ-Ṣûrî, qu’il empruntait à l’épouse de celui-ci. Il demeura au Šâm jusqu’en l’an soixante-deux (462), puis rentra à Bagdad, où il transmit divers récits issus de ses auditions.
À La Mecque, il avait imploré Allah – qu’Il soit exalté – de lui accorder mille dînārs, de pouvoir exposer son Târîkh dans la mosquée al-Manṣûr, et de mourir à Bagdad afin d’être inhumé auprès de Bishr al-Ḥâfî.
On rapporte qu’il récita effectivement le Târîkh dans la mosquée al-Manṣûr, qu’il posséda un or avoisinant les mille dînārs, et que, lorsqu’il fut à l’agonie, il ne lui restait qu’environ deux cents dînārs ; il les légua aux gens du ḥadîth et demanda au sultan de faire exécuter ce testament – puisqu’il ne laissait aucun héritier –, requête qui fut agréée.
Parmi ses nombreux ouvrages utiles, citons :
– « at-Târîkh » ;
– le Kitâb « al-Kifâyah » ;
– « al-Ǧâmiʿ » ;
– « Sharaf aṣ-ḥâb al-ḥadîth » ;
– « al-Muttafiq wa’l-muftariq » ;
– « as-Sâbiq wa’l-lâḥiq » ;
– « Talḫîṣ al-mutashâbih fî’r-rasm » ;
– « Faṣl al-waṣl » ;
– « Riwyat al-Âbâʾ ʿani l-Abnâʾ » ;
– « Riwyat aṣ-Ṣaḥâbah ʿan at-Tâbiʿîn » ;
– « Iqtidhâʾ al-ʿIlm al-ʿAmal » ;
– et bien d’autres encore. Le shaykh Abû l-Faraj Ibn al-Ǧawzî les a recensés dans « al-Muntaẓim » (2).
Ibn al-Ǧawzî dit : « On affirme que la plupart de ces ouvrages [appartiennent à Abû ʿAbd Allâh aṣ-Ṣûrî ou] furent commencés par Abû ʿAbd Allâh aṣ-Ṣûrî, puis complétés par al-Khaṭîb [qui se les attribua] (3). »
Al-Khaṭîb avait une belle psalmodie, une diction limpide ; il était versé dans l’adab et composait de la poésie. D’abord ḥanbalite, il passa ensuite au madhhab aš-Šâfiʿî, puis se mit à dénigrer les disciples d’Aḥmad et à les critiquer chaque fois qu’il le pouvait, ourdissant à leur encontre d’étranges intrigues. Ibn al-Ǧawzî entreprit alors de défendre les siens [et de mentionner les défauts d’al-Khaṭîb, ses machinations, son attachement au bas-monde et son inclination pour ceux qui s’y adonnent], choses dont l’énumération serait trop longue. Il transmit également, d’après un autographe d’al-Khaṭîb, un poème dont le prélude est remarquable et l’inspiration élevée, qui commence ainsi :