Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Parmi ses vers, on trouve également :

Je les quittai ; même le monde semblait s’en aller dans ce départ (1),
Je partis, n’ayant pour seul désir que leur souvenir, mon unique espoir.

Ô délice qui n’existe qu’entre eux et moi, que vaut ma vie sans leur bonheur ? (2)
Depuis qu’ils sont partis, la limpidité de mes jours n’est plus que douleur.

N’eût été l’espoir de les revoir qui nourrit encore mon cœur (3),
Il se serait brisé lorsque, chantant pour les chamelles, ils prirent la route avec ardeur.

Ah ! si, le jour de l’adieu, leurs montures avaient été immolées sans retour,
Je les eusse livrées aux fauves du désert, pour qu’elles leur servent de pâture au détour.

Ô heure de la rupture, tu es l’Heure suprême qui déjà tout embrase ;
Ô feu de la séparation, tu es le brasier même dont la flamme se propage et s’embrase.

De la même veine, il dit encore :

J’ai cherché dans l’univers entier un ami véritable, sans trouver l’ami ;
Ma quête s’épuisa : nul compagnon digne de ce nom ne fut conquis.
Certes, plus d’un se pare du titre d’ami par simple convenance infidèle,
Aussi ai-je répudié l’amitié des créatures d’un divorce irrévocable (4) ; me voilà libre et fidèle.

[Puis débuta l’an 463 de l’Hégire]

Au cours de cette année :

Le roi des Byzantins, Romanos, s’avança à la tête de troupes pareilles à des montagnes, formées de Grecs, de Géorgiens, de Francs, richement équipées et d’un faste impressionnant. Il disposait de trente-cinq mille bâtariqa, chaque bâtrique ayant sous ses ordres de deux mille à cinq cents cavaliers (5). Il comptait en outre trente-cinq mille Francs, ainsi que quinze mille Ghuzz établis (6) au-delà de Constantinople. Il s’était adjoint cent mille mineurs et fossoyeurs, et mille rosgârî (7). Quatre cents chariots transportaient sandales et clous, tandis que deux mille autres acheminaient armes, selles, balistes (8) et mangonneaux, dont un engin qu’il fallait mille deux cents hommes pour bander. Son dessein – qu’Allah, exalté soit-Il, le défigure – était d’éradiquer l’Islam et ses adeptes, et il avait déjà octroyé à ses généraux des fiefs s’étendant jusqu’à Bagdad.

(1) Al-waṭr : le besoin. (2) Chez (ṭ) : « Kaʾanna » (il semble). « Bāna » : il différencia. (3) Chez (ṭ) : « Inna » (vraiment). « Ḥaddū » (ils marchèrent). « Yanfanṭir » : se fissure. (4) Chez (ṭ) : trois. « Ṣarīma » : rupture. (5) Chez (ṭ) : deux cent mille. Ce nombre est à l’origine une exagération indiquant une grande quantité incroyable. Voir al-Muntaẓam (8/261), al-Kāmil fī al-Tārīkh (10/65), ainsi que Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (18/415). Il est probable que ce qui est correct est ce qu’Ibn al-ʿAṯīr a mentionné, à savoir que son armée comptait deux cent mille combattants (10/65), ce que transmet aussi al-Dhahabī dans son Tārīkh al-Islām (10/141). (6) Chez (a) : ils seront. (7) Rūz Jarī : il veut sans doute dire : banāʾ (bâtisseur) (ʿ). (8) Pluriel de ʿIrāda : une machine de guerre plus petite que la mangonneau qui lance des pierres à longue distance.
ومن ذلك أيضًا قوله: ودّعْتُهم ولي الدُّنيا مُودِّعةٌ … ورحتُ مالي سوى ذِكراهُم وطرُ (١) وقلتُ يا لذّتي بيني لبينهمُ … فإنَّ (٢) صفو حياتي بعدهُم كدَرُ لولا تعلّلُ قلبي بالرجاءِ لهمْ … ألفيتُه إذ (٣) حدَوا بالعيسِ ينفطرُ ياليتَ عيسَهُمُ يومَ النَّوى نُحرتْ … أوليتَها للضواري بالفَلا جزرُ يا ساعةَ البينِ أنتِ السّاعةُ اقتربتْ … يا لوعةَ البيْنِ أنتِ النّارُ تستعرُ ومن ذلك قوله أيضًا: طلبتُ صديقًا في البريّةِ كلِّها … فأعيا طلابي أن أصيبَ صديقا بلى من تسمّى بالصديق مجازة … ولم يكُ في معنى الودادِ صَدُوقا فطلّقتُ ودَّ العالمينَ صريمةً (٤) … وأصبحتُ من أسرِ الحفاظِ طليقا [ثم دخلت سنة ثلاث وستين وأربعمئة] فيها: أقبل ملك الروم أرمانوس في جحافل أمثال الجبال من الروم، والكرج، والفرنج، وعُدد عظيمة، وتجمُّل هائل، معه خمسة وثلاثون ألفًا من البطارقة مع كلّ بطريق ما بين ألفي (٥) فارس إلى خمسمئة فارس، ومعه من الفرنج خمسة وثلاثون ألفًا، ومن الغز الذين يسكنون (٦) وراء القسطنطينية خمسة عشر ألفًا، ومعه مئة ألف نقّاب وحفّار، وألف روزجاري (٧) ، ومعه أربعمئة عجلة تحمل النعال والمسامير، وألفا عجلة تحمل السلاح والسروج والعرّادات (٨) والمجانيق، منها منجنيق يمدّه ألف ومئتا رجل، ومن عزمه قبّحه اللَّه تعالى أن يجتثّ الإسلام وأهله، وقد أقطع بطارقته البلاد حتى بغداد.
(١) الوطر: الحاجة. (٢) في (ط): كأن. "بان": فارق. (٣) في (ط): إن. "حدوا" ساروا. "ينفطر": يتشقق. (٤) في (ط): ثلاثة. "صريمة": قطيعة. (٥) في (ط): مئتي ألف. وعدد في الأصل مبالغة في عدد عظيم غير معقول. انظر المنتظم (٨/ ٢٦١) والكامل في التاريخ (١٠/ ٦٥). وسير أعلام النبلاء (١٨/ ٤١٥)، ولعل الصواب ما ذكره ابن الأثير أن جيشه كان من مئتي ألف مقاتل (١٠/ ٦٥)، وهو الذي نقله الذهبي في تاريخ الإسلام (١٠/ ١٤١). (٦) في (أ): يكونون. (٧) روز جاري: لعله يريد: بنَّاءً (ع). (٨) جمع عرادة: آلة حربية أصغر من المنجنيق ترمي الحجارة المرمى البعيد.

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