Au cours de la même année :
On fit frapper le nom de l’héritier présomptif sur les dinars ; la pièce ainsi émise reçut l’appellation d’« al-Amîrî », et tout commerce avec une autre monnaie fut prohibé.
La même année :
Parvint au roi Alp Arslân, alors en Khurâsân, une lettre du seigneur de La Mecque l’informant qu’il avait fait proclamer la khuṭba pour al-Qâʾim bi-Amr Allâh et pour le sultan dans la Mosquée sacrée, et qu’il avait interrompu la khuṭba en faveur des Égyptiens. Le sultan lui envoya aussitôt trente mille dinars, de somptueuses robes d’honneur et lui assigna une rente annuelle de dix mille dinars.
La même année :
ʿAmîd ad-Dawla ibn Jahîr épousa la fille de Niẓâm al-Mulk à Rayy, puis revint à Bagdad ; Abû l-Ghanâʾim al-ʿAlawî conduisit le pèlerinage.
Parmi les notables décédés durant cette année :
• al-Ḥasan ibn ʿAlî ibn Muḥammad ibn Bârî (1), surnommé Abû l-Jawâʾiz al-Wâsiṭî. Il vécut de longues années à Bagdad ; homme de lettres, poète et esprit délicat, il naquit en 352 H et mourut cette année à l’âge de cent dix ans. Parmi ses vers les plus appréciés :
Ô quel regret lorsque, de sa bouche, j’entendis : « Il a trahi mon pacte », — pour elle !
Par Celui qui m’a voué à elle et à nul autre !
Jamais elle n’effleure ma pensée
Sans que son souvenir ne m’enflamme d’ardeur.
• Muḥammad ibn Aḥmad ibn Sahl (2), connu sous le nom d’Ibn Bishrân, le grammairien al-Wâsiṭî. Né en 380 H, il excellait dans les lettres ; les voyageurs de la langue aboutissaient à lui. Il composa de beaux vers, dont ceux-ci :
Ô toi qui bâtis des palais, du calme ! (3)
Modère-toi, car la borne de l’homme, c’est la mort.
Jamais les hôtes d’un palais ne se sont rassemblés
Sans que leur réunion ne s’achève par la dispersion. (4)
La vie n’est qu’une ombre fugace,
Qui se déplace sans jamais se fixer.