Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis arriva l’an quatre-cent soixante-deux de l’Hégire.

Ibn al-Jawzî (1) dit : Parmi les événements survenus cette année, il y eut qu’aux environs de la troisième heure du mardi 11 Jumâdâ al-Ûlâ, correspondant au 18 mars, une violente secousse sismique frappa ar-Ramla et ses environs ; la plus grande partie de la ville disparut, son rempart s’écroula, et le tremblement secoua également Bayt al-Maqdis et Naplouse. Iliyâ s’affaissa, la mer se retira au point de laisser son fond à découvert, des gens y marchèrent puis l’eau revint. L’un des angles de la Grande Mosquée de Miṣr se lézarda, et deux autres secousses suivirent la première dans la même heure.

La même année, le roi des Byzantins quitta Constantinople pour la Syrie à la tête de trois cent mille hommes. Il s’établit à Manbij, incendia les villages situés entre cette ville et le territoire byzantin, tua les hommes, emmena les femmes captives. Les musulmans d’Alep et d’autres régions furent saisis d’une profonde frayeur. Il demeura seize jours sur place, puis Allah le repoussa, humilié et épuisé, faute de vivres et parce que la majeure partie de son armée périt de faim ; louange et gratitude à Allah.

Cette année encore, l’émir de La Mecque se trouva à court de ressources ; il prélèva l’or des tentures de la Ka‘ba, de la gouttière et de la porte, et en fit frapper drachmes et dinars. De même, le gouverneur de Médine fondit les lampes du Masjid an-Nabawî — qu’Allah répande sur son habitant la plus parfaite prière et la plus complète salutation — pour en battre monnaie.

Au cours de la même année, un renchérissement extrême et une terrible famine frappèrent l’Égypte : on en vint à manger charognes et bêtes mortes, et l’on vendait le chien cinq dinars. Les éléphants moururent et l’on consomma leurs carcasses ; les montures furent décimées, si bien qu’il ne resta au souverain d’Égypte que trois chevaux, lui qui en possédait jadis un grand nombre. Un jour, le vizir descendit de sa mule ; l’écuyer, affaibli par la faim, détourna un instant son attention ; trois hommes s’emparèrent de la bête, la tuèrent et la mangèrent. Ils furent arrêtés et crucifiés ; le lendemain matin, leurs ossements étaient à nu, car les gens avaient dévoré leur chair, puis ils furent mis à mort et leur viande fut mangée. Les Bédouins apportaient des vivres qu’ils vendaient hors de la ville, n’osant y entrer de peur qu’on ne les leur arrachât. Nul n’osait enterrer son mort de jour ; on ne l’inhumait que de nuit et en secret, de crainte qu’on ne déterre le corps pour le manger.

Le maître de l’Égypte dut vendre nombre de ses pièces les plus précieuses : onze cuirasses, vingt mille épées ornées, quatre-vingt mille gros blocs de cristal, soixante-quinze mille coupons de brocart d’une grande valeur. Les vêtements des femmes et des hommes, les tentures de berceaux, les biens immobiliers et autres possessions se vendirent pour des sommes dérisoires. Une partie de ces trésors appartenait au calife ; ils avaient été pillés à Bagdad lors des troubles suscités par al-Basâsîrî.

Cette année-là encore, les robes d’honneur, présents et cadeaux envoyés par le roi Alp Arslân parvinrent au calife al-Qâʾim bi-Amr Allâh.

(1) Al-Muntaẓam (tome 8, p. 256).
[ثم دخلت سنة ثنتين وستين وأربعمئة] قال ابن الجوزيّ (١) : فمن الحوادث فيها: أنّه كان على ثلاث ساعات من يوم الثلاثاء الحادي عشر من جمادى الأولى، وهو الثامن عشر من آذار، كانت زلزلة عظيمة بالرّملة وأعمالها، فذهب أكثرها، وانهدم سورها، وعمّ ذلك بيت المقدس، ونابلس، وانخسفت إيلياء، وانجفل البحر حتى انكشفت أرضه، ومشى ناس فيه، ثمّ عاد، وتغترت إحدى زوايا جامع مصر، وتبعت هذه الزلزلة في ساعتها زلزلتان أخريان. وفيها: توجّه ملك الروم من قسطنطينيّة إلى الشام، في ثلاثمئة ألف، فنزل على منبج، وأحرق القرى ما بين منبج إلى أرض الروم، وقتل رجالهم، وسبى نساءهم، وفزع المسلمون في حلب وغيرها فزعًا عظيمًا، فأقام ستة عشر يومًا، ثمّ رذه اللَّه خاسئًا وهو حسير، ذلك لقفة ما معهم من الميرة، وهلاك أكثر جيشه بالجوع، وللَّه الحمد والمنّة. وفيها: ضاقت يد أمير مكة، فأخذ الذهب من أستار الكعبة، والميزاب، وباب الكعبة، فضرب كلّ ذلك دراهم ودنانير، وكذلك فعل صاحب المدينة بالقناديل التي في المسجد النبوي، على ساكنه أفضل الصلاة والسلام. وفي هذه السنة: كان غلاءٌ شديد وقحط عظيم بديار مصر، بحيث إنَّهم أكلوا الجيف والميتات، فكان يباع الكلب بخمسة دنانير، وماتت الفيلة فأكلت [ميتاتها] ، وأفنيت الدواب، فلم يبق لصاحب مصر سوى ثلاثة أفراس بعد [أن كان له العدد] الكثير منها. ونزل الوزير يومًا عن بغلته فغفل الغلام عنها لضعفه من الجوع، فأخذها ثلاثة نفر فذبحوها وأكلوها، فأخذوا، فصُلبوا، فأصبحوا وإذا عظامهم بادية قد أكل الناس لحومهم، فقُتل [وأكل لحمه] . وكانت الأعراب يقدمون بالطعام فيبيعونه ظاهر البلد، لا يتجاسرون يدخلون لئلا يختطف [وينهب] من بين أيديهم، [وكان لا يجسر أحد أن يدفن ميته نهارًا، وإنما يدفنه ليلًا خفية، لئلا يُنبش فيؤكل] ، واحتاج صاحب مصر، حتى باع أشياء كثيرة من نفائس ما عنده، من ذلك أحد عشر درعًا. وعشرون ألف سيف محلّى، وثمانون ألف قطعة بلّور كبار، وخمسة وسبعون ألف قطعة من الديباج القيّم، وبيعت ثياب النساء والرجال، وسجف المهود بأرخص الأثمان، وكذلك الأملاك وغيرها. وكان بعض هذه النفائس للخليفة مما نهب من بغداد أيام البساسيري. وفيها: وردت الخلع والتحف والهدايا من الملك ألْب آرسلان إلى الخليفة القائم بأمر اللَّه.
(١) المنتظم (٨/ ٢٥٦).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies