Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

[Parmi les notables décédés cette année] figure Muḥammad ibn Ismāʿīl ibn Muḥammad, Abū ʿAlī al-Ṭarasūsī (1), également surnommé « l’Irakien » en raison de son esprit raffiné et de la longueur de son séjour dans cette contrée. Il reçut le ḥadīth d’Abū Ṭāhir al-Mukhliṣ, étudia la jurisprudence auprès d’Abū Muḥammad al-Bāqī puis du shaykh Abū Ḥāmid al-Isfarāʾīnī, et fut nommé qāḍī de la ville de Ṭarasūs. Il comptait parmi les jurisconsultes vertueux et éminents ; qu’Allāh Très-Haut lui fasse miséricorde.

Puis débuta l’an soixante et quatre-cents de la Hijra prophétique.

Ibn al-Jawzī (2) rapporte : « Au mois de Jumādā I survint une violente secousse en terre de Palestine ; elle anéantit la cité d’al-Ramlah, fit tomber deux merlons de la Mosquée du Messager d’Allāh ﷺ, atteignit le Wādī al-Ṣafr et Khaybar, la terre se fendit laissant apparaître quantité de trésors, et son grondement se fit sentir jusque dans ar-Raḥbah et Kūfa.

Une lettre envoyée par l’un des commerçants au sujet de ce séisme disait : “Al-Ramlah a été entièrement engloutie ; seules deux maisons ont été épargnées. Quinze mille personnes y ont péri. Le Rocher de Bayt al-Maqdis s’est fendu puis, par la puissance d’Allāh, s’est ressoudé. La mer s’est retirée d’une distance d’une journée de marche avant de se déverser sur la terre et de ravager le monde ; [dans l’endroit asséché apparurent des joyaux et d’autres objets précieux]. Les gens descendirent sur son lit pour les ramasser ; elle revint alors et noya un grand nombre [voire la plupart] d’entre eux.” Fin de citation (3).

Le samedi 15 Jumādā II, on fit lecture publique du « ʿItiqād al-Qādirī », exposant les doctrines des Ahl al-Sunnah wa-l-Jamāʿah et condamnant les sectateurs de l’innovation. Le muḥaddith Abū Muslim al-Laythī al-Bukhārī lut devant l’assistance le Kitāb « at-Tawḥīd » d’Ibn Khuzaymah, en présence du vizir Ibn Jahīr et d’un groupe de fuqahāʾ et de mutakallimūn éminents, lesquels déclarèrent leur pleine adhésion. Le « ʿItiqād al-Qādirī » fut ensuite lu devant le sharīf Abū Jaʿfar, fils de al-Muqtadī bi-Llāh, à Bāb al-Baṣrah, à partir de la copie qu’il tenait personnellement du calife al-Qādir bi-Llāh, son auteur.

Au cours de la même année, le calife démit de ses fonctions son vizir Abū Naṣr Muḥammad ibn Muḥammad ibn Jahīr, surnommé Fakhr ad-Dawlah. Il lui envoya de nombreux reproches ; le vizir s’en excusa, se montrant plein de douceur et d’humilité. On lui signifia qu’il pouvait gagner la région de son choix ; il opta pour la Ḥillah d’Ibn Mazīd. Ses compagnons vendirent leurs biens et domaines, répudièrent leurs épouses, puis il prit ses enfants et sa famille et se prépara à embarquer sur une samīriyyah (4) afin de descendre le fleuve jusqu’à al-Ḥillah, tandis que la foule, bouleversée par ses pleurs, pleurait autour de lui. Lorsqu’il passa devant la Dār al-Khilāfah, il embrassa

= L'année 473 de l'Hégire, et sa traduction y sera reprise. (1) Al-Muntazam (8/247), Tārīkh al-Islām (10/114). (2) Al-Muntazam (7/247). (3) Dans cette histoire rapportée par certains marchands, il y a des exagérations non fondées (qu'Allah le protège). (4) Dans (ṭ), « safīna » et « humā » ont le même sens.
[وممن توفي فيها من الأعيان] محمد بن إسماعيل بن محمد أبو علي الطَّرَسُوسيّ (١) ، ويقال له: العراقي لظرفه وطول مقامه بها. سمع الحديث من أبي طاهر المخلّص، وتفقّه على أبي محمد الباقي، ثمّ على الشيخ أبي حامد الإسفراييني، وولي قضاء بلدة طَرَسُوس، وكان من الفقهاء الفضلاء المبرِّزين، رحمه اللَّه تعالى. ثم استهلَّت سنة ستين وأربعمئة من الهجرة النبويَّة قال ابن الجوزي (٢) : وفي جمادى الأولى كانت زلزلة شديدة بأرض فلسطين أهلكت بلد الرّملة، ورمت شُرافتين من مسجد رسول اللَّه ﷺ ، ولحقت وادي الصفر وخيبر، وانشقت الأرض عن كنوز كثيرة من المال، وبلغ حسّها الرحبة والكوفة، وجاء كتاب بعض التجار في ذكر هذه الزلزلة ويقول: إنّها خسفت الرّملة جميعًا حتى لم يسلم منها إلا داران فقط، وهلك منها خمسة عشر ألف نسمة، وانشقت الصخرة التي ببيت المقدس، ثمّ عادت فالتأمت بقدرة اللَّه تعالى. وغار البحر مسيرة يوم وساح في البرّ، وخرّب الدنيا [وظهر في مكان الماء أشياء من جواهر وغيرها] ، ودخل الناس إلى أرضه يلتقطون، فرجع فأهلك خلقًا كثيرًا منهم [أو أكثرهم] . هذا لفظة (٣) . وفي يوم السبت النصف من جمادى الآخرة قرئ الاعتقاد القادري الذي فيه مذاهب أهل السنّة والجماعة، والإنكار على أهل البدعة، وقرأ أبو مسلم الليثي البخاري المحدّث كتاب "التوحيد" لابن خزيمة على الجماعة الحاضرين، وذلك بمحضر الوزير ابن جَهِير، وجماعة الأعيان من الفقهاء وأهل الكلام، واعترفوا بالموافقة، ثمّ قرئ الاعتقاد القادري على الشريف أبي جعفر بن المقتدي باللَّه بباب البصرة، وذلك بسماعه له من الخليفة القادر باللَّه مصنّفه. وفيها: عزل الخليفة وزيره أبا نصر محمد بن محمد بن جَهِير الملقب فخر الدولة، وبعث إليه يعاتبه في أشياء كثيرة، فاعتذر منها، وأخذ في الترقق والتذلّل، فأجيب بأن يترحّل إلى أيّ الجهات شاء، فاختار حلّة ابن مَزْيَد، فباع أصحابه أموالهم وأملاكهم، وطلّقوا نساءهم، وأخذ أولاده وأهله، وجاء ليركب في سميريّة (٤) لينحدر منها إلى الحلّة، والناس حوله يتباكون لبكائه، فلما اجتاز بدار الخلافة قبّل
= سنة ثلاث وسبعين وأربعمئة، وسترد ترجمته فيها. (١) المنتظم (٨/ ٢٤٧)، تاريخ الإسلام (١٠/ ١١٤). (٢) المنتظم (٧/ ٢٤٧). (٣) في هذه القصة التي ذكرها بعض التجار مبالغات لا دليل عليها (ع). (٤) في (ط): سفينة، وهما بمعنى.

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