Ibn Khallikân rapporte : il étudia le fiqh auprès d’Abû l-Fath Nâṣir (1) ibn Muḥammad al-‘Umarî al-Marwazî ; puis la science du ḥadîth prit le dessus chez lui, il s’y fit un nom et entreprit des voyages pour la rechercher.
– Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn Muḥammad ibn Khalaf ibn Aḥmad ibn al-Farrâ’ (2), le qâḍî Abû Yaʿlâ, doyen des Ḥanbalites et celui qui a consolidé leur madhhab dans les questions de furûʿ.
Né en Muḥarram 380 H, il entendit un grand nombre de ḥadîth et transmit (entre autres) de Ibn Ḥabâba.
Ibn al-Jawzî dit à son sujet : « Il comptait parmi les nobles savants dignes de confiance. Il témoigna devant Ibn Mâkûlâ et Ibn al-Dâmaghânî, qui acceptèrent son témoignage. Il exerça la charge de juge dans l’enceinte de la Dâr al-Khilâfa. Imâm en fiqh, il laissa de nombreux ouvrages de valeur dans le madhhab d’Aḥmad ; il enseigna et donna des fatwâ durant de longues années, le madhhab aboutit à lui, ses écrits et ses disciples se répandirent. Il alliait probité, véracité, chasteté, belle conduite, dévotion, ascétisme, humilité, tenue digne et silence sur ce qui ne le regardait pas.
Il mourut le 20 Ramaḍân de cette année, à soixante-dix-huit ans. Juges et notables parmi les fuqahâ’ et les témoins assistèrent à ses funérailles ; la journée était chaude, si bien que certains de ceux qui l’accompagnèrent durent rompre leur jeûne. Il laissa trois fils : ʿUbayd Allâh Abû l-Qâsim, Abû Ḥâzim et Abû l-Ḥusayn.
L’un de ses contemporains le vit en songe et lui demanda : « Qu’Allâh a-t-Il fait de toi ? » Il répondit : « Il m’a fait miséricorde, Il m’a honoré, Il a élevé mon rang et Il m’a comblé. » Puis, énumérant ces faveurs sur ses doigts, on lui demanda : « Est-ce en raison de ta science ? » Il répondit : « Par la véracité. » Qu’Allâh, exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.
– Ibn Sîdah, le linguiste (3) : Abû l-Ḥasan ʿAlî ibn Ismâʿîl al-Mursî.
Imâm, gardien de la langue arabe, il était aveugle. Il apprit la philologie et l’arabe de son père – lui-même aveugle –, puis étudia auprès d’Abû l-ʿAlâ Ṣâʿid al-Baghdâdî.
Il est l’auteur d’al-Muḥkam, en plusieurs volumes, et d’un Commentaire de la Ḥamâsa en six volumes, entre autres ouvrages. Il récita par cœur devant le shaykh Abû ʿUmar al-Mâlikî [aṭ-Ṭalamankî] le Kitâb al-Gharîb al-Muṣannaf d’Abû ʿUbayd, le maître collationnant son exemplaire pendant qu’il récitait ; les auditeurs, stupéfaits, entendirent toute la lecture de sa mémoire.
Il mourut en Rabîʿ al-Âkhir de cette année, à soixante ans. D’aucuns disent qu’il décéda en 448 H, mais la première version est la plus juste – et Allâh est plus savant.