Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

[Puis advint l’an huit et cinquante et quatre cents]

Le jour de ʿÂshûrâʾ, les habitants d’al-Karkh fermèrent leurs échoppes et firent venir des femmes qui se lamentèrent sur al-Ḥusayn, suivant leurs antiques usages d’innovations blâmables [contraires]. Lorsque cela eut lieu, la foule le réprouva ; le calife manda Abû al-Ghanâʾim, naqîb des Banû Ṭâlib, et le blâma. Celui-ci s’excusa, disant qu’il n’en avait point eu connaissance et que, dès qu’il l’apprit, il y mit fin. Les gens d’al-Karkh se rendirent alors à plusieurs reprises au dîwân pour présenter leurs excuses et se dégager de cette affaire ; un décret fut ensuite publié, déclarant mécréant quiconque injurie les Compagnons et fait apparaître les innovations.

Ibn al-Jawzî (1) rapporte : « Au mois de Rabîʿ al-Awwal, à Bâb al-Azaj, naquit une fillette ayant deux têtes, deux visages, deux cous et quatre mains sur un seul corps complet ; elle mourut ensuite. »

Il dit encore : « Au mois de Jumâdâ al-Âkhira, un tremblement de terre survint au Khurâsân ; il dura plusieurs jours, les montagnes s’en fendirent, nombre de personnes périrent, plusieurs villages furent engloutis et les habitants se retirèrent dans le désert où ils demeurèrent. »

Un incendie se déclara sur le canal de Muʿallâ, à Bagdad : il consuma cent boutiques et trois maisons ; de grandes pertes furent subies, et les gens se pillèrent les uns les autres.

Ibn al-Jawzî ajoute : « Au mois de Shaʿbân, un combat éclata à Damas ; on mit le feu à une demeure contiguë à la mosquée, et la mosquée de Damas brûla. » Telle est la version d’Ibn al-Jawzî. Toutefois, l’opinion la plus répandue est que l’incendie de la mosquée de Damas se produisit [dans la nuit du milieu de Shaʿbân] en l’an quatre cent soixante-et-un, soit trois années plus tard.

On rapporte que les serviteurs des Fâṭimides s’affrontèrent alors à ceux des ʿAbbâsides ; un tison fut lancé dans la Dâr al-Imâra — al-Khaḍrâʾ — qui prit feu ; l’incendie se propagea jusqu’à la mosquée : ses toitures s’effondrèrent, sa parure [disparut], son marbre [se détériora] ; elle parut une ruine. Al-Khaḍrâʾ disparut également et devint un amas de gravats, alors qu’elle avait atteint le comble de la solidité et de la perfection, de la douceur des concerts, [nuzhat al-majâlis], de l’agrément des assemblées, de la beauté de la construction [et de l’apparence]. Jusqu’à ce jour, nul n’y réside, tant l’endroit est malsain, sinon les plus vils et les laissés-pour-compte, alors qu’elle fut la maison de [la khilâfa,] du royaume et de l’émirat depuis que Muʿâwiya b. Abî Sufyân — qu’Allâh lui fasse miséricorde — l’avait fondée.

Quant à la mosquée [omeyyade], il n’existait sur la face de la terre aucun édifice plus beau qu’elle, jusqu’à ce qu’elle brûlât et demeurât longtemps à l’état de ruine. Les souverains entreprirent ensuite de la reconstruire et de la restaurer, si bien qu’elle fut dallée sous le règne de l’al-ʿÂdil Abû Bakr [b. Ayyûb]. On ne cessa d’en embellir les traits jusqu’à notre époque, de sorte que son état actuel s’est rapproché de l’ancien, bien que, comparé à sa splendeur première, il ne soit [plus rien].

L’embellissement s’y poursuit encore jusqu’à ces jours où l’émir Sayf ad-Dîn Tankiz ʿAbd Allâh an-Nâṣirî en assuma la charge, vers l’an sept cent trente, un peu avant ou après ; qu’Allâh le comble de Ses bienfaits.

(1) Al-Muntaẓam (8/ 240).
[ثم دخلت سنة ثمان وخمسين وأربعمئة] في يوم عاشوراء أغلق أهل الكرخ دكاكينهم، وأحضروا نساءً فَنُحنَ على الحسين كما جرت به سالف عادات بدعهم المتقدمة [المخالفة] ، فحين وقع ذلك أنكرته العامة، وطلب الخليفة أبا الغنائم نقيب الطالبيين، وأنكر ذلك عليه، فاعتذر بأنَّه لم يعلم بذلك، وأنّه حين علم به أزاله، وتردد أهل الكرخ إلى الديوان يعتذرون من ذلك، ويتنصَّلون منه، وخرج التوقيع بكفر من يسبّ الصحابة، ويظهر البدع. قال ابن الجوزي (١) : وفي ربيع الأول ولد بباب الأزَجّ صبيّة لها رأسان ووجهان ورقبتان وأربع أيدي على بدن كامل ثمّ ماتت. قال: وفي جمادي الآخرة كانت زلزلة بخراسان لبثت أيامًا ثم تصدّعت منها الجبال، وأهلكت جماعة، وخسفت بِعدَّة قرى، وخرج الناس إلى الصحراء، وأقاموا هنالك. ووقع حريق بنهر مُعَلّى من بغداد، فأحرق مئة دكان وثلاث دور، وذهب للنّاس شيء كثير، ونهب الناس بعضهم بعضًا. قال ابن الجوزي: وفي شعبان وقع قتال في دمشق، فضربوا دارًا كانت مجاورة للجامع بالنار، فاحترق جامع دمشق. كذا قال ابن الجوزي. والمشهور أن حريق جامع دمشق، إنّما كان [في ليلة النصف من شعبان] في سنة إحدى وستين وأربعمئة بعد ثلاث سنين. وأن غلمان الفاطميين اقتتلوا مع غلمان العباسيين فألقيت نار بدار الإمارة -وهي الخضراء- فاحترقت وتعدّى حريقها إلى أن وصل إلى الجامع فسقطت سقوفه و [بادت] زخرفته و [تلف] رخامه، ولقي كأنّه خرابة، وبادت الخضراء فصارت كومًا من تراب بعدما كانت في غاية الإحكام والإتقان، وطيب الغناء و [نزهة المجالس] وحسن البناء [والمنظر] ، فهي إلى يومنا هذا لا يسكنها لرداءة مكانها إلا سفلة الناس وسُقَّاطهم بعدما كانت دار [الخلافة و] الملك والإمارة منذ أسسها معاوية بن أبي سفيان رحمه اللَّه تعالى، وأمّا الجامع [الأموي] فإنّه لم يكن على وجه الأرض بناءٌ أحسن منه إلى أن احترق فبقي خرابًا مدة طويلة، ثمّ شرع الملوك في تجديده وترميمه، حتى بُلِّط في زمان العادل أبي بكر [بن أيوب] ، ولم يزالوا في تحسيبن معالمه إلى زماننا هذا، فتماثل حاله وهو بالنسبة إلى حاله الأول [كلا شيء] ولا زال التحسين فيه إلى هذه الأيام التي وليها الأمير سيف الدين تنكُز عبد اللَّه النّاصري، في حدود سنة ثلاثين وسبعمئة وما قبلها وما بعدها بيسير، (رحمه الله) .
(١) المنتظم (٨/ ٢٤٠).

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