– Saʿīd ibn Marwân, seigneur d’Âmid (1).
On rapporte qu’il fut empoisonné ; Saʿīd, seigneur de Mayyâfâriqîn, se vengea de l’auteur de cet empoisonnement et le mit en pièces.
– Le grand roi Abû Tâlib Muḥammad ibn Mikâʾîl ibn Saljûq ibn Tuqâq (2), surnommé Ṭughrul-Beg (3).
Il fut le premier des souverains saljûqides : homme de bien, assidu à la prière qu’il accomplissait toujours à l’heure prescrite, jeûnant constamment les lundis et les jeudis, clément envers ceux qui lui faisaient du tort, gardien jaloux de ses secrets, heureux dans toutes ses entreprises. Sous le règne de Maḥmûd ibn Subuktagîn, il conquit la majeure partie du Khurâsân, confiant l’autorité à son frère Dâwûd, à son demi-frère Ibrâhîm Inâl, ainsi qu’aux fils de ses frères sur de nombreux territoires. Plus tard, le calife le manda pour gouverner l’Irak, la situation s’étant dégradée à Bagdad sous les coups d’al-Basâsîrî et en raison de la faiblesse d’al-Malik ar-Raḥîm. Il s’y rendit ; le calife se leva pour l’accueillir, le revêtit de sept robes d’honneur et le gratifia du titre de « roi de l’Orient et de l’Occident ». Il se vit alors contraint de combattre son frère Ibrâhîm, ainsi que nous l’avons relaté au sujet d’al-Basâsîrî ; il finit par s’en rendre maître et le tua. Il retourna ensuite à Bagdad, la reconquit, rappela le calife de Ḥadîtha-ʿÂna à sa résidence califale, siège de son heureuse autorité. Il sollicita ensuite la main de la fille du calife ; après bien des hésitations, il l’épousa et consomma le mariage cette année-là, au comble de la joie, comme nous l’avons mentionné. Toutefois, il n’en profita guère, car une maladie mortelle le frappa et ne le quitta plus jusqu’à son décès, survenu le 8 Ramaḍân de la présente année, à l’âge de soixante-dix ans. Son règne dura trente ans, dont huit ans moins dix-huit jours à la tête du royaume d’Irak.
[Puis arriva l’année 456/1054-1055]
Au cours de celle-ci : le sultan Alp Arslân fit arrêter le vizir de son oncle, ʿAmîd al-Mulk al-Kundarî, l’incarcéra durant un an dans l’une des forteresses, puis dépêcha quelqu’un pour l’exécuter. Il confia ensuite le vizirat à Niẓâm al-Mulk, ministre intègre qui honorait les savants et les pauvres. Lorsque le roi Shihâb ad-Dawla Qutlumush se révolta, rompit l’obéissance et ambitionna de ravir la royauté à Alp