Au cours de cette même année :
— Le calife destitua son vizir et nomma à sa place Abû Naṣr Muḥammad ibn Muḥammad ibn Jahîr, qu’il fit venir de Mayyâfâriqîn.
— Les prix chutèrent dans l’ensemble du pays ; à Baṣra, l’on vendait mille livres de dattes pour huit qirâṭs. Cette année-là, nul n’accomplit le pèlerinage. – Allâh est plus savant.
Parmi les notables décédés en cette année :
• Thimâl ibn Ṣâliḥ (1), ‘Izz ad-Dawla, seigneur d’Alep. Il était généreux, clément et digne. Ibn al-Jawzî rapporte qu’un serviteur s’avança vers lui pour qu’il se lave les mains ; le bec de la cruche heurta son incisive, laquelle tomba dans le bassin. Il lui pardonna. Qu’Allâh, exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.
• Al-Ḥasan ibn ‘Alî ibn Muḥammad (2), Abû Muḥammad al-Jawharî ; né en Shaʿbân 363, il étudia le hadith auprès de nombreux maîtres, au point de se distinguer par une longue liste de shuyûkh, parmi lesquels Abû Bakr ibn Mâlik al-Qaṭîʿî, dernier dont il transmit. Il s’éteignit en Dhû l-Qaʿda de la présente année.
• Al-Ḥusayn ibn Abî Zayd (3), Abû ʿAlî ad-Dabbâgh, dit : « J’ai vu en rêve le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui —. Je lui dis : “Ô Messager d’Allâh, invoque afin qu’Il me fasse vivre sur l’islam.” Il répondit : “Et sur la Sunna, sur la Sunna, sur la Sunna.” » Qu’Allâh lui fasse miséricorde.
• Saʿd ibn Muḥammad ibn Manṣûr (4), Abû l-Maḥâsin al-Jûlakî (5) : l’un des anciens notables. Vers l’an 410, il envoya un émissaire au roi Maḥmûd ibn Subuktakîn ; jurisconsulte et savant, il forma de nombreux élèves et transmit le hadith de maints narrateurs. Des conseils de juridiction lui furent confiés dans plusieurs villes. Il fut assassiné injustement à Istarâbâdh, en Rajab de cette année. Qu’Allâh — par Sa grâce et Sa générosité — lui accorde Sa miséricorde, ainsi qu’à nous.
Puis arriva l’année 455 H.
Durant celle-ci, le sultan Ṭughrul-Beg entra à Bagdad. Le calife projeta d’aller à sa rencontre, puis y renonça et envoya à sa place son vizir Abû Naṣr. Les troupes du sultan commirent de nombreux excès sur la route et s’en prirent aux femmes.