Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

dans le trésor des Bouyides, qu’il avait acquis moyennant une somme considérable ; il lui fit encore parvenir cent mille dinars en espèces, ainsi que d’autres présents.

Abû l-Qâsim al-Maghribî fut son vizir à deux reprises ; puis Abû Naṣr Muḥammad ibn Muḥammad ibn Jahîr, surnommé Fakhr al-Mulk, exerça également pour lui la vizirat. Ses territoires comptaient parmi les contrées les plus sûres, les plus agréables et les plus équitables.

Ayant appris que, durant l’hiver, les oiseaux descendaient des montagnes vers les villages où les habitants les capturaient, il ordonna d’ouvrir les greniers (1) et d’y verser la quantité de grains nécessaire à leur nourriture pour toute la saison. Ainsi, ces oiseaux demeuraient sous sa protection tout l’hiver, et cela pendant toute sa vie. Il mourut cette année-là, ayant atteint – ou dépassé – l’âge de quatre-vingts ans.

Ibn Khallikân (2) rapporte, d’après Ibn al-Azraq dans son « Histoire », qu’il ne confisqua jamais les biens de ses sujets, sauf ceux d’un seul homme ; qu’en dépit de son goût prononcé pour les plaisirs, il ne manqua aucune prière ; qu’il possédait trois cent soixante concubines et passait auprès de chacune d’elles une nuit par an ; qu’il laissa une nombreuse descendance ; et qu’il persista dans cet état jusqu’à sa mort, survenue le vingt-neuvième de Shawwâl de la présente année. Qu’Allâh, exalté soit-Il, lui fasse miséricorde !

Puis vint l’année quatre-cent cinquante-quatre. Cette année-là, de nombreuses lettres parvinrent du roi Ṭughrul-Beg, se plaignant du peu d’équité du calife et de son manque de reconnaissance pour les services et faveurs qu’il lui avait accordés – tant envers les rois des confins qu’envers le qâḍî al-quḍât Ibn ad-Dâmaghânî. Lorsque le calife eut pris connaissance de ces missives, et qu’il apprit que le roi avait chargé ses délégués de mettre la main sur les biens califaux – ce qui le troubla fort –, il écrivit au roi Ṭughrul-Beg pour accéder à ses demandes. À la réception de cette réponse, le roi se réjouit vivement et ordonna à ses agents de restituer les propriétés du calife. Quand les courriers arrivèrent à Bagdad porteurs de la nouvelle, on fit retentir les tambours des bonnes annonciations au Dâr al-Khilâfa ; on promena les cavaliers messagers, précédés de timbales et de trompettes, et la population se réjouit de l’acquiescement du calife (3). L’unanimité se rétablit, après avoir failli se rompre.

Le calife donna alors procuration pour la conclusion du contrat de mariage et en fit rédiger l’acte. Celui-ci fut célébré à Tabriz, en présence du roi Ṭughrul-Beg, qui fit dresser un banquet grandiose. Lorsque l’acte de procuration fut présenté, le roi se leva, baisa la terre en le voyant et adressa de longues invocations pour le calife ; il fixa ensuite la dot à quatre cent mille dinars. Les supplications du peuple en faveur du calife se multiplièrent. L’événement eut lieu le jeudi 13 Shaʿbân de cette année.

Par la suite, la khâtûn Arslân – nièce du roi et épouse du calife – envoya, au mois de Shawwâl, de magnifiques présents : une grande quantité d’or, de nombreuses pierres précieuses de grande valeur, ainsi que de splendides cadeaux destinés à la mère de la mariée et à l’ensemble de sa famille. Le roi déclara publiquement : « Je demeure l’esclave, le serf du calife tant que je vivrai ; je ne possède rien hormis les vêtements que je porte. »

(1) « Al-Ahrāʼ » : pluriel de « hurayy » avec dhamma, désignant une grande maison où l’on entrepose la nourriture du sultan. (2) Al-Wayāt al-Aʿyān (1/177). (3) À partir de l’expression : « Lorsque la caravane est arrivée... » jusqu’ici est omis dans (T).
لبني بويه، اشتراه بمقدار عظيم، وبعث إليه بمئة ألف دينار عينًا، وغير ذلك. وزر له أبو القاسم المغربي مرتين، ووزر له أيضًا أبو نصر محمد بن محمد بن جَهِيْر فخر الملك، وكانت بلاده من آمن البلاد وأطيبها، وأكثرها عدلًا. وقد بلغه أن الطيور تتنجع في الشتاء [فتخرج] من الجبال إلى القرى فيصطادها الناس، فأمر بفتح الأهراء (١) وإلقاء ما يكفيها من الغلات مدّة الشتاء. فكانت تكون في ضيافته طول [الشتاء مدة] عمره، وكانت وفاته في هذه السّنة وقد قارب الثمانين أو جاوزها. وقال ابن خلِّكان (٢) : قال ابن الأزرق في "تاريخه" : إنّه لم يصادر أحدًا من رعيته سوى رجل واحد، ولم تفته صلاة مع كثرة مباشرة اللّذات، كانت له ثلاثمئة وستون حظيّة يبيت عند كلِّ واحدة ليلة من السّنة، وخلّف أولادًا كثيرة، ولم يزل على ذلك الحال إلى أن توفي في التاسع والعشرين من شوال هذه السنة، رحمه اللَّه تعالى. [ثم دخلت سنة أربع وخمسين وأربعمئة] فيها: وردت الكتب الكثيرة من الملك طُغْرُلْبَك تشكو قلّة إنصاف الخليفة، وعدم موافاته بما أسداه إليه من الخدم والنّعم إلى الملوك بالأطراف، وقاضي القضاة ابن الدّامغاني؛ فلمّا رأى الخليفة ذلك، وأن الملك قد أرسل إلى نوّابه بالحوطة على أملاك الخليفة، وقد انزعج لذلك، كتب إلى الملك طُغْرُلْبَك يجيبه إلى ما سأل، فلما وصل ذلك إلى طُغْرُلْبَك فرح بذلك فرحًا شديدًا، وأرسل إلى نوّابه أن يطلقوا الأملاك الخليفيّة، فلما انتهت الركابية بذلك إلى بغداد، دقت البشائر بدار الخلافة، وطيف بالركابيّة بين أيديهم الدبادب والبوقات، وفرح الناس بإجابة الخليفة إلى ذلك (٣) ، واتفقت الكلمة [بعد أن كادت تتفرق] ، فوكل الخليفة في العقد، وكتب بذلك وكالة، ثمّ وفع العقد بمدينة تبريز بخضرة الملك طُغْرُلْبَك، وعمل سماطًا عظيمًا، ولما جيء بالوكالة قام لها الملك، وقبَّل الأرض عند رؤيتها [ودعا للخليفة دعاءً كثيرًا] ، ثمّ أوجب العقد على صداق أربعمئة ألف دينار، وكثر دعاء الناس للخليفة، وذلك في يوم الخميس الثالث عشر من شعبان من هذه السنة. ثم بعثت ابنة أخيه الخاتون أرسلان زوجة الخليفة في شوال بتحف عظيمة، وذهب كثير، وجواهر عديدة ثمينة، وهدايا عظيمة، لأمّ العروس وأهلها كلِّهم، وقال الملك للناس جهرة: أنا عبدٌ قِنّ للخليفة ما بقيت، لا أملك شيئًا سوى ما عليّ من الثياب.
= (١٠/ ٣٦) والسير. (١) "الأهراء": جمع هُرْي بالضم: بيت كبير يجمع فيه طعام السلطان. (٢) وفيات الأعيان (١/ ١٧٧). (٣) من قوله: فلما انتهت الركابية. . إلى هنا ساقط من (ط).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies