Au mois de Rabîʿ ath-Thânî, le calife investit Abû l-Fatḥ Manṣûr ibn Aḥmad ibn Dârist al-Ahwâzî de la fonction vizirale, lui remit la khilʿa d’usage et lui fit prendre place au majlis du vizirat.
Le 28 Jumâdâ al-Âkhira, il se produisit une éclipse solaire d’une ampleur extraordinaire : le disque tout entier disparut pendant quatre heures, au point que les étoiles devinrent visibles ; les oiseaux regagnèrent leurs nids et cessèrent de voler tant l’obscurité était profonde.
Au cours de cette même année :
– [Abû Tamîm] Ibrâhîm ibn Muʿizz (1) ibn Bâdis reçut le gouvernement de l’Ifrîqiya à la mort de son père, qui en était le souverain ;
– Naṣr, fils de Naṣr ad-Dawla Aḥmad ibn Marwân al-Kurdî, succéda également à son père à la tête de Diyâr Bakr ;
– Sayf ad-Dawla, fils de Quraysh ibn Badrân, hérita des provinces de Mossoul et de Naṣîbîn après son père ;
– une khilʿa fut octroyée à Ṭirâd ibn Muḥammad az-Zaynabî, surnommé al-Kâmil, qui fut nommé naqîb des ʿAbbâsides ; une autre fut remise à Usâma ibn Abî ʿAbd Allâh ibn ʿAlî, auquel on conféra la naqâba (2) des Ṭâlibides et le titre d’al-Murtaḍâ ;
– Abû Isḥâq Ibrâhîm ibn ʿAllân, le Juif, prit à ferme les domaines du calife s’étendant de Ṣarṣar à Awânâ pour une redevance annuelle de quatre-vingt-six mille dinars et dix-sept mille kurr de céréales.
Cette année-là, aucun habitant de l’Irak n’accomplit le pèlerinage.
[Parmi les notables décédés cette année] :
Aḥmad ibn Marwân (3) Abû Naṣr al-Kurdî, seigneur de Diyâr Bakr et de Mayyâfâriqîn, à qui al-Qâdir bi-Llāh avait conféré le surnom de Naṣr ad-Dawla. Il régna sur ces contrées pendant cinquante-deux ans et mena une vie de luxe qu’aucun de ses contemporains ne connut et qu’aucun de ses pairs n’atteignit après lui ; il possédait cinq cents concubines – sans compter les servantes attachées à leur service – ainsi que cinq cents esclaves. Il entretenait un grand nombre de musiciennes, chacune acquise pour cinq mille dinars ou davantage, et l’on déployait dans ses assemblées des instruments et des récipients d’une valeur de deux cent mille dinars. Il épousa également plusieurs filles de rois.
Porté aux arrangements avec les souverains, lorsqu’un ennemi marchait contre lui, il lui envoyait une somme équivalente aux dépenses qu’aurait entraînées la guerre, concluant ainsi la paix, et l’adversaire se retirait.
Lorsque le roi Ṭughrul-Beg prit l’Irak, il lui dépêcha un don considérable, dont un « mont » (4) de rubis qui se trouvait