Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Qatru an-Nadâ (1) – que l’on appelait aussi Badr ad-Dujâ, et d’autres encore ʿAlam – était la mère du calife al-Qâʾim bi-Amri Llâh. C’était une très vieille dame, âgée de plus de quatre-vingt-dix ans, d’origine arménienne. Durant la période où sévissait al-Basâsîrî, la nécessité l’obligea à lui adresser un billet dans lequel elle se plaignait de sa pauvreté et de son indigence ; il lui assigna alors une pension et mit à son service deux esclaves. Ce fut là l’une des plus belles actions qu’il accomplît. Elle ne rendit l’âme qu’après qu’Allah eut réjoui ses yeux par le retour de son fils, de sa famille et des leurs au Dâr al-Khilâfa, dans la situation qui était la leur auparavant. Elle décéda ensuite, en rajab de cette même année ; le calife assista à ses funérailles, qui furent extrêmement courues. Qu’Allah le Très-Haut lui fasse miséricorde et honore son gîte.

[Puis commença l’an trois cent cinquante-trois et quatre cents]

Au cours de cette année, le roi Ṭughrul-Beg demanda la main de la fille du calife. Celui-ci en fut fort troublé et déclara : « Jamais une telle chose n’a eu de précédent. » Il posa alors de nombreuses conditions, comme pour l’éloigner de cette affaire : que revinssent au monarque les biens en iqṭâʿ que possédait son épouse défunte dans la région de Wâsiṭ ; un don nuptial (ṣadaq) de trois cent mille dinars ; et l’obligation pour le roi de résider à Bagdad sans jamais la quitter, fût-ce un seul jour. Sur une partie de ces points un accord fut obtenu.

Le sultan fit parvenir à la princesse cent mille dinars, confiés à la fille de son frère Dâwud – l’épouse du calife, Arslân Khâtûn – ainsi qu’une grande quantité d’objets en or et en argent, de nathâr, d’esclaves féminines, de montures, et deux mille deux cents pièces de pierreries, dont sept cent vingt gemmes pesant chacune entre un et trois mithqâl, outre maints autres présents. Le calife se récusa cependant, certains engagements n’ayant pas été remplis. Le vizir ʿAmîd al-Mulk al-Kundurî s’en irrita pour son maître, le sultan, et de longs troubles s’ensuivirent : le sultan envoya une lettre ordonnant d’arracher de la Dâr al-Khilâfa sa nièce, la dame Arslân Khâtûn, et de la transférer au palais royal jusqu’à ce que l’affaire fût tranchée.

Le calife se disposa alors à quitter Bagdad et remit en état le « ṭayyâr », son navire royal ; les partisans en furent bouleversés. Il arriva ensuite un ordre pressant (2) du sultan au chef de la shurṭa de Bagdad lui enjoignant de cesser toute surveillance et d’accroître les vexations, en représailles à notre refus, par la privation. Il résolut également de faire transférer la Khâtûn au palais du royaume pour qu’on l’acheminât vers la ville où il résidait ; tout cela par courroux contre le calife. Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons.

Ibn al-Jawzî (3) rapporte : « Au mois de Ramaḍân, un infirme vit en songe le Messager d’Allah ﷺ debout, accompagné de trois personnes. L’un d’eux s’approcha de l’infirme et lui dit : “Ne te lèves-tu pas ?” — “Je ne puis, répondit-il, je suis paralysé.” Il lui prit alors la main et dit : “Lève-toi !” Il se leva, se réveilla aussitôt ; il était guéri et se mit à marcher pour vaquer à ses affaires. »

(1) Al-Muntaẓam (vol. 8, p. 217), Al-Kāmil fī al-Tārīkh (vol. 10, p. 13). (2) Dans la version (Ṭ) : Barashtaq, et dans la version (B) : Barasaq. (3) Al-Muntaẓam (vol. 8, p. 222).
قَطْرُ النَّدَى (١) ويقال: بَدْرُ الدُّجى، ويقال: علم، أمُّ الخليفة القائم بأمر اللَّه، كانت عجوزًا كبيرة، وقد بلغت التسعين سنة، وكانت أرمنية، وفد احتاجت في زمان البساسيري، وألجأتها الحاجة، حتى كتبت إليه رقعة تشكو فقرها وحاجتها، فأجرى عليها رزقًا، وأخدمها جاريتين، وهذا كان من أحسن ما صنع، ثمّ لم تمت حتى أقرّ اللَّه عينها بولدها، وأهله، ورجوعهم إلى دار الخلافة على ما كانوا عليه، ثمّ توفيت في رجب من هذه السنة، فحضر الخليفة جنازتها، وكانت حافلة جدًا. رحمها اللَّه تعالى وأكرم مثواها. [ثم دخلت سنة ثلاث وخمسين وأربعمئة] فيها: خطب الملك طُغْرُلْبَك ابنة الخليفة، فانزعج من ذلك، وقال: هذا شيءٌ لم تجر العادة بمثله. ثمّ طلب أشياء كثيرة، كهيئة المُبْعِدِ له من ذلك. وهو ما كان لزوجته التي توفيت من الإقطاعات بأرض واسط، وصداق ثلاثمئة ألف دينار، وأن يقيم الملك ببغداد لا يترحّل عنها، ولا يحيد عنها يومًا أبدًا، فوقع الاتفاق على بعض ذلك، وأرسل إليها بمئة ألف دينار مع ابنة أخيه داود، زوجة الخليفة أرسلان خاتون، وأشياء كثيرة من آلات الذهب والفضة، والنثار، والجواري، والكراع، ومن الجواهر ألفان ومئتا قطعة، من ذلك سبعمئة وعشرون قطعة من جوهر، وزن كلّ واحدة ما بين الثلاثة مثاقيل إلى المثقال، وأشياء كثيرة، فتمنّع الخليفة لفوات بعض الشروط، فغضب عميد الملك [الوزير] الكُنْدري لمخدومه [السلطان] ، وجرت شرور طويلة اقتضت أن أرسل السلطان كتابًا يأمر فيه بانتزاع ابنة أخيه السيدة أرسلان خاتون، ونقلها من دار الخلافة إلى دار الملك حتى تنفصل هذه القضيّة، وعزم الخليفة على النقلة من بغداد، وأصلح الطيّار، فانزعج الناص لذلك، وجاء كتاب السلطان إلى [رئيس] شحنة بغداد برشق (٢) يأمره بعدم المراقبة، وكثرة العسف في مقابلة ردّ أصحابنا بالحرمان، وعزم على نقلة الخاتون إلى دار المملكة ليرسل من يحملها إلى البلدة التي هو فيها، وكلّ ذلك غضب على الخليفة؛ فإنّا للَّه وإنا إليه راجعون. قال ابن الجوزي (٣) : وفي رمضان رأى إنسان من الزّمنى رسول اللَّه ﷺ في المنام وهو قائم، ومعه ثلاثة أنفس، فجاء إليه أحدهم فقال له: ألا تقوم. فقال: لا أستطيع، أنا رجل مقعد. فأخذ بيده وقال: قم، فقام، وانتبه؛ فإذا هو بريء، وأصبح يمشي في حوائجه.
(١) المنتظم (٨/ ٢١٧)، الكامل في التاريخ (١٠/ ١٣). (٢) في (ط): برشتق، وفي (ب): برسق. (٣) المنتظم (٨/ ٢٢٢).

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